L'Intellect ou Corps Mental - 1ère partie

A150104ConfCorpsMentalAP - Février 2005

Nous avons étudié l’an dernier le corps éthérique et le corps émotionnel. Nous allons aborder, aujourd’hui, l’étude du véhicule le plus récent et donc le moins bien structuré que nous possédions : le corps mental appelé également "intellect" dans l’Enseignement Rosicrucien.

J’ai choisi pour cet exposé le titre de "corps mental" plutôt que "intellect" pour créer une continuité d’expression avec les titres des exposés précédents mais également parce que le terme "intellect" a parfois pris, depuis quelques décennies, un sens péjoratif qu’il ne devait pas avoir au début du XXème siècle, au moment où Max Heindel écrivait la Cosmogonie.

Cependant, dans l’exposé lui-même, c’est le terme d’intellect qui sera utilisé la plupart du temps. Nous avons vu que les germes des corps physique, éthérique et émotionnel nous ont été donnés lors des trois Périodes précédant l’actuelle période de la Terre, appelées respectivement : Périodes de Saturne, du Soleil et de la Lune. Nous n’avons reçu l’Intellect qu’au milieu de la Période de la Terre, c’est à dire très récemment à l’échelle de l’évolution, puisque nous venons à peine de dépasser ce point.

Les Seigneurs de l'Intellect qui formaient l’humanité de la Période de Saturne, Période au cours de laquelle le Monde le plus dense était le Monde de la Pensée, sont devenus experts dans la construction de corps de "substance mentale", de même que nous devenons experts à travailler avec la matière physique.

Pendant l’actuelle Période de la Terre, les Seigneurs de l'Intellect ont atteint le rang de créateurs. Saint Paul les appelle les "Pouvoirs des Ténèbres" parce qu'ils viennent de l'obscure Période de Saturne, et on les considère comme étant nuisibles à cause de la tendance séparatrice qui est la caractéristique du plan mental, par contraste avec les forces d'harmonie du Monde de l'Esprit Vital, royaume de l'Amour Christique. A partir de l’Epoque Lémurienne, les Seigneurs de l'Intellect ont pris en charge la partie supérieure du corps du désir puis ils ont émané d'eux-mêmes et projeté en nous le noyau des matériaux avec lesquels nous essayons maintenant de construire et d'organiser un intellect. Nous devons donc aux Seigneurs de l'Intellect la personnalité distincte et toutes les possibilités d'expérience et de croissance qui nous sont ainsi procurées grâce à l'intellect.

Max Heindel compare l’intellect à la lentille d’un appareil de projection (nous reviendrons plus tard sur cette comparaison) ; ailleurs, dans la Cosmogonie, il compare l’intellect à la surface d’un étang.

 Figure n°1 de la Cosmogonie des Rose-Croix

A150131IllustrationsRose-Croix01CosmogoniePortraitMaxHeindel

De même que l'image des arbres semble inversée lorsqu'elle est réfléchie dans un étang et que le feuillage paraît être au fond de l'eau, l'aspect le plus élevé de l'esprit (l'Esprit Divin) trouve sa contrepartie dans le plus dense des trois corps (le corps physique).  L'Esprit Vital est réfléchi dans le corps vital.  L'Esprit Humain a son image dans le corps du désir. Quant à l’intellect, il constitue le miroir réflecteur correspondant à la surface de l'étang, milieu réflecteur de notre analogie".

Faisons déjà une première remarque (sur laquelle nous reviendrons de façon plus approfondie par la suite) : la surface d'un étang peut donner une image réfléchie très médiocre en cas de vent ou de pluie ou bien si l'on s'amuse à y jeter des pierres.

Dans l’être humain en incarnation, à notre époque actuelle, le siège de l'Esprit Humain est situé, en premier lieu, dans la glande pinéale (ou épiphyse) et, en second lieu, dans le cerveau et le système nerveux cérébro-spinal qui commande les muscles volontaires.  L'Esprit Vital a son siège, premièrement dans le corps pituitaire (ou hypophyse) et, en second lieu, dans le coeur.  L'Esprit Divin appelé "le Veilleur silencieux" a son siège dans un point impénétrable qui se trouve à la racine du nez.  L'ensemble formé par l'Esprit Divin, l'Esprit Vital et l'Esprit Humain est appelé Esprit Triple ou "Ego" avec un "E" majuscule, dans l'Enseignement Rosicrucien.

Précisons bien, pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec le vocabulaire utilisé par Max Heindel, que le terme d'"ego" utilisé par la psychologie moderne (ou dans le langage usuel, lorsque l'on parle d'une personne qui a un « fort ego ») n'a pas du tout le même sens et correspond plutôt à ce que l'Enseignement Rosicrucien appelle la personnalité. On peut considérer, en première approche, que le terme d'Ego au sens Rosicrucien du terme correspond au "Moi Supérieur", au "Soi" de certains enseignements spiritualistes.

Pendant l'involution, l'Esprit Triple s’est constitué du plus subtil (Esprit Divin) au plus "dense" (Esprit Humain) alors que, parallèlement, le corps quadruple : physique, éthérique, émotionnel et mental a été construit dans le sens ascendant du plus "dense" (corps physique) au plus subtil (corps mental). C'est la rencontre de ces deux courants dans l'intellect qui marque le point où l'individu, l'être humain, est né - lorsque l'Esprit Triple, a pris possession de l’ensemble de ses véhicules. Toutefois cette prise de possession n'a pas élevé immédiatement l'homme à la condition actuelle de son évolution en faisant de lui, d'emblée, l'être conscient et pensant qu'il est aujourd'hui. Avant que ce point ait pu être atteint, nous avons eu à parcourir un long et pénible chemin. A l'Epoque Lémurienne, nos organes étaient dans leur phase la plus rudimentaire (l'homme de ce temps-là était loin d'être aussi intelligent que le sont beaucoup d’animaux actuels). C'est à ce moment-là que la moitié de la force créatrice sexuelle qui était jusqu'alors utilisée uniquement pour la propagation de l’espèce, a été dirigée vers le haut du corps dans le but de construire un cerveau qui permette à l'Ego de manifester la pensée et le raisonnement ainsi que le larynx pour s'exprimer verbalement.

Max Heindel nous informe que :

Tout progrès accompli n'est jamais obtenu sans la perte d'une faculté que l'on retrouvera plus tard sous une forme supérieure. Aussi l'acquisition de l'intellect qui est maintenant notre bien le plus précieux, a été tout d'abord envisagée avec regret par l'Atlantéen, car elle a fermé plus ou moins radicalement sa vue spirituelle. La perte de pouvoirs spirituels pour acquérir des facultés physiques était cependant nécessaire pour permettre à l'homme de fonctionner indépendamment de toute direction extérieure dans le Monde Physique".

A l’Epoque Atlantéenne, sous l’influence des Esprits Lucifériens, l'intellect naissant s'est allié au corps du désir formant ainsi une sorte d'"âme animale" et a partagé sa domination sur le corps physique. La ruse en a résulté avec toute la perversité du deuxième tiers de l'Epoque Atlantéenne. L'intellect est, encore maintenant, entravé par l'égoïsme de la nature inférieure, ce qui rend très difficile le contrôle du corps par l'esprit. Dans son rôle de point focal, l’intellect devait être l'allié de la nature supérieure ; en fait, il est aliéné par la nature inférieure et, ligué avec elle, il est asservi aux désirs.

Max Heindel nous dit :

"Les Religions de race ont été données pour soustraire l'intellect à l'empire des désirs. La « crainte de Dieu » a été suscitée pour s’opposer aux « désirs de la chair ». Cela n’a pas suffit cependant à rendre l'Ego capable de contrôler ses corps et d'obtenir leur collaboration volontaire. Il est devenu nécessaire pour l'Esprit de trouver dans le corps une autre position avantageuse qui ne soit pas dominée par les désirs".

Nous reviendrons sur ce point, un peu plus tard. Pour le moment, il nous faut considérer le processus de la pensée tel qu’il est décrit dans le chapitre 3 de la Cosmogonie. J'ai hésité à aborder ce point car il est assez complexe, mais dans un exposé sur le corps mental, ce serait vraiment une lacune de ne pas en parler.

Max Heindel nous dit :

Penser est un processus très compliqué où sont impliqués non seulement le cerveau physique, mais aussi, le cerveau éthérique, le corps du désir et l'intellect ou corps mental".

Le processus est le suivant : L'Ego qui fonctionne dans la Région de la Pensée Abstraite, observe les impressions faites par le monde extérieur sur le corps vital à travers la chaîne de ses véhicules et leurs facultés, y compris les sens du corps physique. Ces impressions, avec les sentiments et les émotions qu'elles engendrent dans le corps du désir, sont alors transformées en images dans l'intellect. De ces images mentales, l’Ego tire ses conclusions concernant les choses observées ; ces conclusions sont des idées. Par la puissance de la volonté, l’Ego projette une idée à travers l'intellect qui lui donne une forme "concrète" appelée "forme-pensée", en attirant autour d'elle de la substance mentale provenant de la Région de la Pensée Concrète. Puis, comme la lentille d'un appareil de projection, l’intellect dirige la forme-pensée dans trois directions possibles selon la volonté du penseur qui l’anime. Avant d'expliciter ce que sont ces trois directions possibles, je voudrais vous faire remarquer que dans le processus que nous venons de décrire, Max Heindel paraît supposer que l'Ego est entièrement maître de son intellect alors que nous avons dit précédemment que ce n'est pas encore le cas pour la plupart d'entre nous.

Il faut préciser qu'au chapitre 3 de la Cosmogonie, il n'a pas encore été question de cette collusion entre l'intellect et le corps du désir. Max Heindel a donc décrit, à ce point de la Cosmogonie, le processus de pensée tel qu’un Ego devenu maître de son intellect peut (ou pourra) le vivre. Ne cherchons pas à y reconnaître ce que nous appelons "penser" au sens habituel, en tant que personnalité. Revenons maintenant sur les trois directions possibles dans lesquelles l'Ego dirige la forme-pensée qu'il a formé grâce à son intellect.

◦ Si cette forme-pensée ne nécessite pas d'action immédiate, elle peut être projetée directement sur l'éther réflecteur pour être utilisée ultérieurement.
Si cette forme-pensée réclame une action immédiate, elle est projetée contre le corps du désir afin d’y éveiller le sentiment qui provoquera une action immédiate.
◦ La troisième direction possible est encore rarement perceptible et (heureusement dans certains cas). Elle consiste, en effet, pour le penseur à projeter la forme-pensée vers un autre intellect pour servir de suggestion, pour transmettre une information etc., comme dans la transmission de pensée.

 L’Ego a en effet cette faculté de communication avec les autres Egos sur son propre plan, mais au cours de l’incarnation cela devient plus difficile à vérifier, même si nous avons presque tous eu un jour ou l’autre une expérience de ce type. Ce qui est surprenant, c’est que Max Heindel ajoute :"Cette forme-pensée peut être dirigée contre le corps du désir d'une autre personne pour la pousser à l'action, comme dans le cas où l'hypnotiseur influence sa victime à distance. La forme-pensée ainsi projetée agira sur sa victime exactement de la même manière que sa propre pensée".

Il est clair que, puisqu'il s'agit d'une « victime de l'hypnotisme », on se trouve ici dans le cadre de la magie grise ou noire et ce n’est pas l’Esprit Triple qui cherche à agir ainsi mais une personnalité formée du corps du désir et de l’intellect perverti. Peut-être, Max Heindel a-t-il voulu nous indiquer par là que le processus de pensée utilisé par l’Ego peut être dévoyé par l’alliance du corps du désir et de l’intellect et cela arrive hélas assez souvent (indépendamment de l’hypnotisme) au niveau de notre propre utilisation de la pensée à des fins égoïstes, voire perverses.

Mais revenons à l’effet de la forme-pensée crée par l’Ego (et donc favorable à l’évolution spirituelle) lorsqu’elle est projetée sur le corps du désir, celui de l’Ego lui-même ou d’un autre, dans une moindre mesure. Elle peut éveiller le sentiment d’Intérêt ou être reçue avec Indifférence.

◦ Si la forme-pensée est reçue avec Indifférence, elle laissera seulement une faible impression sur l'éther réflecteur du corps vital, à moins, qu'exceptionnellement, l'énergie spirituelle qu'elle contient soit assez forte pour pousser tout de même la personnalité à l'action.
◦ Si la pensée éveille l'Intérêt, elle éveillera également l'une des deux forces d'Attraction ou de Répulsion. Si la force d'Attraction a été éveillée, elle saisit la pensée, la projette dans le corps du désir, donne à l'image une vie accrue et la revêt de substance-désir. La pensée devient alors capable d'agir sur le cerveau éthérique et de faire passer la force vitale à travers les centres du cerveau et les nerfs appropriés jusqu'aux muscles qui accomplissent l'action nécessaire. C'est ainsi qu'est dépensée la force spirituelle contenue dans la pensée et l'image reste dans l'éther du corps vital comme mémoire de l'acte et du sentiment qui lui a donné naissance. Si la force de Répulsion a été éveillée par la forme-pensée, il y aura lutte entre la force spirituelle (la volonté de l'Ego) qui se trouve dans la forme-pensée et le corps du désir. C'est le combat entre la conscience et le désir, entre la nature supérieure et la nature inférieure. La force spirituelle cherchera à revêtir la forme-pensée de la substance-désir nécessaire pour contrôler le cerveau et les muscles. La force de Répulsion tentera de disperser les matériaux appropriés et de rejeter la pensée. Si l'énergie spirituelle est puissante, elle peut se creuser un chemin jusqu'aux centres du cerveau, maintenir son enveloppe de substance-désir pendant qu'elle contrôle la force vitale, et forcer ainsi la personnalité à agir; elle laissera alors dans la mémoire une vive impression de lutte et de victoire. On voit bien qu'une pensée projetée par un hypnotiseur sur sa victime n'entre pas dans ce cadre.

Max Heindel aurait sans doute dû dissocier ce cas, mais je ne me permettrais pas de juger qu'il aurait pu mieux faire, lorsque l'on sait qu'il a rédigé cette oeuvre extraordinaire qu'est la Cosmogonie au cours de l'été 1908, particulièrement chaud, en travaillant plus de 16 heures par jour (voir "Les quatre œuvres" p. 419). Pour revenir sur l’action de l’Ego et la victoire spirituelle dans ce combat entre la forme-pensée et le corps du désir, je voudrais ajouter que cela consiste souvent à empêcher la personnalité d'agir de façon préjudiciable : stopper l’impulsion de prononcer une parole blessante, d’avoir un regard empreint de sensualité ou un acte compulsif engendrant un karma négatif.

Comme nous l'avons dit, lorsque la force de répulsion est mise en jeu par le corps du désir, la victoire de la forme-pensée engendrée par l'Ego n'est possible que si son énergie spirituelle est assez puissante pour vaincre l'opposition de la personnalité. Si l'énergie spirituelle est épuisée avant que l'action ne se soit produite, la forme-pensée sera dominée par la force de Répulsion et sera emmagasinée dans la mémoire comme l'est toute forme-pensée qui a dépensé son énergie. Quand le travail assigné à une forme-pensée ainsi projetée est accompli ou lorsque son énergie a été dépensée en vains efforts pour arriver à son but, elle retourne à son créateur portant avec elle la marque ineffaçable du voyage.

Son succès ou son échec est imprimé sur les atomes négatifs de l'éther réflecteur du corps vital de son créateur, où elle forme cette partie des archives de la vie et des actions du penseur qu'on appelle parfois l'intellect subconscient. Cette empreinte est beaucoup plus importante que la mémoire à laquelle nous avons consciemment accès, car celle-ci est faite de perceptions sensorielles imparfaites et souvent illusoires ; elle est la mémoire volontaire ou l'intellect conscient. La mémoire involontaire ou l'intellect subconscient se forme d'une manière différente, tout à fait en dehors de notre contrôle, à l'époque actuelle.

L'éther que contient l'air que nous respirons porte en lui une image fidèle et détaillée de tout ce qui nous environne, non seulement des choses matérielles, mais aussi des conditions telles qu'elles existent à chaque instant dans notre aura. Les pensées, les émotions, les sentiments les plus insignifiants sont transmis aux poumons qui les font passer dans le sang. Le sang est un des produits supérieurs du corps vital ; il est le véhicule direct de l'Ego. Les images qu'il contient sont imprimées sur les atomes négatifs du corps vital ; elles serviront d'arbitres de la destinée de l'homme, dans l'état qui suit immédiatement la mort.

La mémoire consciente et la mémoire sub-consciente se rapportent entièrement aux expériences de la vie présente. Max Heindel nous apprend également que nous avons, de plus, une mémoire supra-consciente (ou super-consciente) qui est le réceptacle de toutes les facultés et de toutes les connaissances acquises dans les vies passées ; facultés et connaissances dont beaucoup sont à l'état latent dans l'incarnation présente. Le tout est gravé d'une manière ineffaçable au niveau de l'Esprit Vital et cela s'inscrit dans cette "conscience" qui nous conseille et nous pousse parfois à l'action avec une force irrésistible dans une direction parfois contraire à notre "raison" ou à nos "désirs".

Comme nous l'avons dit, nous venons de considérer le processus de pensée tel qu’il pourrait être vécu si l’intellect ne "pactisait" pas si souvent avec le corps du désir et les hormones qu’il suscite dans le corps physique ...

Nous allons aborder maintenant le processus de "secours" qui a été conçu par la Sagesse Divine pour contourner l’obstacle formé par le "couple infernal" : intellect - corps du désir. Je reprends quelques phrases de Max Heindel déjà citée précédemment : "La loi des Religions de race a été donnée pour soustraire l'intellect à l'empire des désirs. La "crainte de Dieu" a été suscitée pour s’opposer aux "désirs de la chair". Cela n’a pas suffit cependant à rendre l'Ego capable de contrôler ses corps et d'obtenir leur collaboration volontaire. Il est devenu nécessaire pour l'Esprit de trouver dans le corps une autre position avantageuse qui ne soit pas dominée par les désirs".

Tous les muscles volontaires sont l'expression du corps du désir et ils offrent un chemin direct vers le point central où l'intellect traître est uni aux désirs et règne en maître. Max Heindel fait ensuite une comparaison surprenante quasi prophétique lorsqu’on pense au débarquement de juin 1944 dans la France occupée :

Si les Etats-Unis étaient en guerre avec la France, ils ne débarqueraient pas leurs troupes en Angleterre, dans l'espoir de subjuguer par ce moyen les Français. Ils débarqueraient leurs soldats sur le sol même de la France et là livreraient bataille. Tel un général habile, l'Ego suit un mode d'action analogue. Pour s'assurer une base d'opérations dans le pays de l'ennemi, il doit obtenir le contrôle d'un muscle qui soit involontaire et cependant connecté au système nerveux volontaire. Ce muscle est le coeur".

Les muscles involontaires sont formés de stries longitudinales et se rapportent à des fonctions qui ne sont pas sous le contrôle de la volonté, telles que la digestion, la respiration, l'excrétion, etc. Les muscles volontaires sont ceux que contrôle le système nerveux volontaire. Ils ont, à la fois, des stries longitudinales et transversales. Le coeur est un muscle involontaire et pourtant, il a des stries transversales, comme un muscle volontaire. C'est le seul organe du corps qui offre cette particularité.  Lorsque l'Ego a pour la première fois cherché à prendre place dans le coeur, cet organe n'était strié que dans le sens de la longueur, comme n'importe quel autre muscle involontaire ; mais à mesure que l'Ego s'est assuré de plus en plus complètement le contrôle du coeur, les stries transversales se sont graduellement développées. Elles ne sont ni aussi nombreuses, ni aussi bien dessinées que celles des muscles volontaires, mais, à mesure que les principes altruistes d'amour et de fraternité augmentent, ces stries transversales deviennent plus nombreuses et mieux définies. Par l’intermédiaire du sang, le coeur est toujours en contact intime avec l'Esprit Vital, l'esprit d'amour et d'unité et, par conséquent, le coeur est le sanctuaire de l'amour altruiste.

Dans le Monde de l'Esprit Vital, l'Esprit Vital reçoit directement les images provenant de l’éther réflecteur. Dans sa demeure élevée, il est en contact avec la Sagesse Cosmique et, dans n'importe quelle situation, il sait immédiatement ce qui doit être fait et il retransmet instantanément au coeur le message qui donne le mode convenable de conduite et d'action ; aussi rapidement, le coeur le transmet au cerveau par l'intermédiaire du nerf pneumogastrique, ce qui produit "l'impulsion intuitive" qui est la bonne, en général. Tout cela s'accomplit si vite que le coeur est maître de la situation avant que la raison, plus lente ait eu pour ainsi dire le temps de "se rendre compte de ce qui se passe".  Max Heindel nous dit :

"Si nous pouvions seulement suivre les impulsions du coeur, la première pensée, la Fraternité Universelle serait dès maintenant réalisée".

Mais c'est justement là que la difficulté commence. Après avoir reçu le bon conseil de la première pensée, l'intellect et le corps du désir frustrent trop souvent les desseins de l'Esprit en prenant le contrôle de la situation et les choix qui en résultent sont moins bons pour l’évolution spirituelle

Je vois, personnellement, une deuxième difficulté qui explique, en partie, la première. A notre stade actuel, une forme-pensée produite par une entité incarnée ou désincarnée peut parfois prendre l'apparence "d'une impulsion du cœur" et entraîner dans une direction douteuse. Par conséquent, comme en toute chose, le discernement s'impose lorsqu'une idée, même paraissant lumineuse nous vient. Quand, par suite du développement du coeur en un muscle volontaire, la circulation du sang passera finalement sous le contrôle de l'Esprit Vital qui unifie, cet Esprit aura alors le pouvoir d'empêcher la circulation du sang vers les parties du cerveau qui sont consacrées à des poursuites égoïstes. Ces centres particuliers de pensée s'atrophieront alors graduellement.

D'un autre côté, toutes les fois que l'activité mentale aura une tendance altruiste, l'Esprit aura la faculté d'augmenter l'afflux de sang et pourra développer ainsi les parties qui sont consacrées à l'altruisme, de sorte que, au cours des temps, la nature-désir sera conquise et l'Amour délivrera l'intellect de l'emprise que le désir avait sur lui. Seule, son émancipation complète par l'amour permet à l'homme de s'élever au-dessus de la loi et de devenir lui-même sa propre loi. S'étant conquis lui-même, il aura conquis le Monde.

 (à suivre)

  Conférence basée sur l'Enseignement Rosicrucien  
légué à Max Heindel par les Frères Aînés de la Rose-Croix.