L'Intellect ou Corps Mental - 2ème partie

A150104ConfCorpsMentalAP - Mars 2005

Après ce bref aperçu de notre évolution future, considérons le processus de pensée tel qu'il est vécu actuellement par la personnalité au cours de l'incarnation.

Nous pouvons dire qu'il y a, en général, dans notre mental (que nous identifions plus ou moins avec notre cerveau) comme une sorte de "bruit de fond" permanent et que, sauf en cas de profonde concentration, des mots, des bribes de phrases ou même de chansons, entendus souvent dans les heures précédentes, remontent à la surface comme des bulles d'air dans un récipient d’eau ou bien, ils reviennent de façon récursive comme des mouches bourdonnantes, allant jusqu'à gêner notre activité mentale.

Lorsque nous prenons un moment de repos ou que nous recherchons le sommeil, des associations involontaires de pensées se forment et, à moins qu'elles ne fassent remonter des souvenirs pénibles ou des soucis présents, cela contribue plutôt à nous reposer et même à trouver le sommeil. Mais cela se produit aussi, - et là, c'est assez gênant ! - lorsque nous voulons nous concentrer sur un sujet donné ou suivre l'exposé d'un conférencier, le cours d'un enseignant ou encore la parole d'un interlocuteur et même lorsque nous prions. Comme on dit familièrement, nous "perdons le fil".

Dans le cas de la prière personnelle, notamment, il ne faut pas se culpabiliser, ce qui amplifierait le problème la fois suivante, mais, revenir, avec humilité, au point d'où nous avions dévié en prenant, si possible, conscience de la pensée qui a provoqué cet enchaînement intempestif. Il me semble que le cas le plus gênant pour notre égo avec un petit "e", car là, ça se voit à l'extérieur, est celui où nous avons la parole face à un interlocuteur ou pire, face à un ensemble d'auditeurs attentifs et qu'une pensée parasite ou un fait extérieur anodin nous fait perdre le "fil de notre pensée". Il vaut mieux alors, dire honnêtement et si possible avec humour ce qui nous arrive, plutôt que de tenter, pour "garder la face" de finir une phrase qui n'aura plus grand sens, si tant est que nous y parvenions. Nous constaterons souvent qu'en nous détendant, la pensée revient.

Toujours dans cet ordre d'idées, il arrive parfois qu'il nous vienne en tête une chose à dire à une personne située dans une autre pièce et lorsque nous arrivons devant elle, la pensée s'est envolée. Je ne sais pas si, comme moi, vous avez constaté qu'en retournant à l'endroit où l'idée est venue, on la retrouve souvent. S'agissait-il d'une forme-pensée que nous n'avons par réussi à entraîner d'une pièce à l'autre dans notre aura mentale ou y a-t-il plutôt une simple explication psychologique ? Je vous laisse y réfléchir.

D'une façon générale, qu'est-ce qui provoque la naissance des pensées que nous formons ? Elles peuvent, bien sûr, concerner l'activité que nous sommes en train de faire, si celle-ci nécessite notre concentration, ou d'une activité que nous projetons de faire. Il peut s'agir également de l'analyse de ce que nous éprouvons émotionnellement ou physiquement sur le moment. Mais ces pensées peuvent naître d'un souvenir remontant à la surface par association d'idées ou incidemment par l'action du subconscient, par une odeur ou par un goût comme pour la "madeleine de Proust". Il peut s'agir d'une conversation, d'un livre, d'un film ou d'une émission de télévision ou de toute expérience de vie qui nous a marquée et sur laquelle nous méditons pour en tirer des leçons.

Bien entendu, l'émotionnel réagit également, même lorsque nous nous efforçons de le maîtriser pour garder, comme l'on dit, la "tête froide" et élaborer une pensée la plus lucide possible. S'il s'agit de lire ou d'écouter quelqu'un, l'intellect entre en jeu pour nous permettre de comprendre ce que nous lisons ou entendons et cela fait appel bien sûr à notre mémoire consciente. Mais, là encore, l'émotionnel est souvent sollicité. Si ce qui est exprimé nous plaît nous approuvons et s’il s’agit de quelque chose de nouveau pour nous ou de quelque chose que nous avons oublié, nous essayons de le mémoriser. Si cela nous déplaît, nous avons envie de réagir et, en général, un raisonnement ou son ébauche se forme dans notre mental pour prouver que l'autre à tort.

Nous l'exprimerons verbalement ou non, selon les circonstances. Max Heindel nous dit, dans la Cosmogonie : "Si notre intellect est occupé par des sujets tels que les mathématiques ou l'étude des phases planétaires de l'évolution, nous sommes alors dans la Région de la Pensée purement Abstraite, soustraite à l'influence des sentiments. Lorsque nous extrayons la racine cubique d'un nombre ou quand nous pensons aux Périodes, aux Révolutions, etc., nous n'éprouvons pas de sentiment à leur égard. Nous ne nous querellons pas au sujet du produit de 2 x 2. Si nos sentiments étaient en jeu, nous essayerions peut-être de faire que ce produit soit 5, et nous nous querellerions avec celui qui, pour des raisons personnelles, dirait que le produit est 3 ; mais, en mathématiques, la Vérité est très facilement apparente et les Sentiments sont éliminés".

Max Heindel a raison de dire, personne ne peut contester la "vérité mathématique" mais c'est à condition qu'il s'agisse de quelqu'un qui connaisse les règles de la logique. Nous avons déjà abordé ce point dans l'exposé sur la "Vérité".

Par ailleurs, je pense, comme je l'avais déjà dit lors de cet exposé, qu'à notre stade actuel, l'émotionnel entre encore pour une bonne part dans l'apprentissage, y compris celle des mathématiques. Si on nous enseigne une chose difficile à comprendre ou à mémoriser, il est naturel d'éprouver un certain désagrément, mais cette émotion elle-même, si nous persévérons dans notre apprentissage peut contribuer à la mémorisation. Lorsqu’on trouve qu'un certain concept est « compliqué », mais qu’on sait en avoir besoin (dans notre travail, par exemple) on se concentre davantage pour le retenir. Le sentiment de désagrément que l’on a éprouvé au début a joué ainsi un rôle positif. A fortiori, s’il s’agit de quelque chose qui nous intéresse et qui nous plaît, cela facilite bien sûr la mémorisation. Si on continue à utiliser les mêmes concepts sur une longue période de temps, ces émotions s'estompent, mais leur souvenir reste associé à la mémorisation du concept.

Abordons maintenant ce qu’on peut appeler une pensée "intuitive". Il arrive qu'une idée nous "vienne subitement" avec l’intime conviction qu’elle vient "d’en haut" ou au moins de "plus haut" que nos pensées habituelles. Notons que, même dans un tel cas, nous devons user de discernement. Elle peut, bien sûr, provenir tout de même de notre personnalité et être engendrée par quelque chose que nous avons appris ou vécu au cours de cette incarnation. Mais, elle peut également provenir de notre Esprit Triple, ou plus généralement du "Ciel", même si le brouillage permanent (un peu analogue à celui des allemands à la radio de la Résistance pendant la guerre de 40), ne rend pas les choses faciles pour "Ceux d'En Haut". En général, elle nous vient parce qu'une partie au moins de nous est déjà accordée à cette "longueur d'onde".

Cependant, dans certains cas exceptionnels, elle peut se situer bien au-delà des capacités de compréhension de la personnalité qui la reçoit et peut être considérée comme un cadeau destiné à servir un jour ou l'autre.

 Parfois, il s'agit de pensées que nous formons consciemment, lors d'une concentration, d'une méditation ou d'une prière, (par exemple lorsque nous essayons de former des pensées d'aide et de guérison à la disposition des Frères Aînés) et qui amènent une réponse sous forme d'effusion spirituelle qui est un encouragement extraordinaire dans notre quête. Il ne s'agit pas de rechercher ce type d'expérience (que l'Eglise Catholique appelle les "grâces sensibles"), mais, lorsque l'une d'elles survient, accueillons la comme un cadeau spirituel et rendons grâce à Dieu, avec la conviction ou du moins l'espérance que nous participons alors, à notre mesure, comme la goutte d'eau d'une immense source, au grand travail de guérison et de purification de notre humanité et au changement de conscience global qui se prépare.

Nous allons considérer maintenant certaines actions des formes-pensées collectives. Max Heindel a dit lors d’une allocution qu’il a faite le 28 octobre 1911 : "Le Christ a dit : "Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux" (Matthieu 18:20) et comme tout ce qu'il disait, cette parole était une expression de la plus profonde sagesse, étant basée sur une loi naturelle aussi immuable que Dieu lui-même. Lorsque les pensées de deux ou trois personnes sont concentrées sur un certain objet ou sur un certain être, une puissante forme-pensée, expression définie de leur désir, est produite et projetée instantanément vers son but. L'effet dépend de l'affinité entre la pensée et celui qui doit la recevoir, tout comme un second diapason de calibre identique vibre en réponse à la note émise par le premier". (Enseignements d’un Initié).

Comme nous l'avons vu, une des particularités de la substance-désir, matière du Monde du Désir, est d'être excessivement plastique et facilement modelée par la pensée. En un clin d'oeil, elle prend les formes les plus diverses selon la pensée qui l'anime, et lorsque les pensées d'un grand nombre de personnes suivent la même direction, ces pensées se groupent et forment un ensemble grandiose. Il y a dans les régions supérieures du Monde du Désir, une cité avec ses portes de perles, sa mer de verre et son grand trône blanc sur lequel est assis une forme-pensée de Dieu sous l'apparence d'un vieillard. Ces formes subsisteront dans le Monde du Désir tant que les gens se représenteront ainsi la Nouvelle Jérusalem, car ces formes n'ont de vie que celle que leur donnent les pensées entretenues par l'humanité. Lorsqu'à l'avenir l’humanité se sera élevée au-dessus de cette croyance, la cité créée par ses pensées cessera d'exister.

Toutes ces formes fantastiques créées par nous, vont et viennent, animées par des élémentals, et durent aussi longtemps que durent la pensée et le désir qui les ont formés. Max Heindel nous dit : "Au moment de Noël, par exemple, Saint Nicolas vit réellement et se promène en traîneau. Il demeure en vigoureuse santé pendant un mois ou plus, jusqu'à ce que les désirs des enfants qui l'ont créé cessent d'affluer dans cette direction ; il s'évanouit alors jusqu'au moment où il se recrée l'année suivante".

Il doit en être de même, maintenant pour Peter Pan ou Harry Potter. Certaines formes-pensées collectives engendrent de moins jolis résultats. La crainte de la mort produit des formes-pensées de nature hideuse, et lorsqu'une personne quitte son corps à la mort, pour entrer dans le Monde Invisible, elle voit ces formes horribles l'entourer comme autant de démons. Elle pourra s'en débarrasser lorsqu’elle saura qu'elles n'ont aucun pouvoir sur elle, et qu'elle leur commandera de disparaître. Elles s'évanouiront alors, comme la rosée sous les rayons du soleil. (Questions et Réponses Tome 1 – Réponses 121 et 145 et Christianisme de la Rose-Croix).

Le mot « élémental » ayant été prononcé, considérons succinctement de quoi il s’agit. Max Heindel nous dit : « En plus des Hiérarchies divines et des quatre vagues d'esprits actuellement en évolution dans le Monde Physique, les règnes minéral, végétal, animal et humain, il existe encore d'autres vagues de vie dans les mondes invisibles. Parmi celles-ci se trouvent les esprits infrahumains appelés élémentals. Certains élémentals s'attachent à une famille, voire même à une société religieuse ; dans ce cas, on a toujours pu établir que le véhicule ainsi utilisé ne consistait pas en un corps du péché durci par l'interpénétration du corps vital et du corps du désir, mais qu'il avait été formé par un médium de bonne moralité. Cependant dans les cas où le médium était habité par des motifs purs et une dévotion religieuse exaltée, il est difficile aux entités malfaisantes de retenir bien longtemps le corps vital ainsi usurpé; elles se fatiguent très vite de l'effort à soutenir et cherchent une autre victime plus en conformité avec leur nature.

Dans le sud de l'Europe et dans les pays reculés de l'Orient, on voit des élémentals prendre possession des corps vitaux d'une famille, sautant de génération en génération et leur rendre quelques services en échange de nourriture généralement fournie à des intervalles réguliers. Sans évidemment avoir la faculté d’assimiler la nourriture physique, ils vivent des odeurs éthériques qui s’en dégagent ainsi que de l’arôme de l’encens. On les appelle à tort, gardiens du seuil.

Rappelons que le véritable "Gardien du Seuil" est une entité élémentale composite, créée sur les plans invisibles par nos mauvaises pensées et nos mauvaises actions non transmuées durant toute notre évolution passée. Ce « Gardien » monte la garde à l'entrée des mondes invisibles et nous défie d'y accéder. Cette entité doit être finalement rachetée ou transmuée, et il nous faut acquérir une volonté et un équilibre suffisants pour l'affronter et nous imposer à elle, avant de pouvoir entrer consciemment dans les mondes supérieurs (La trame de la Destinée).

Puisqu’il est question de phénomènes pouvant provoquer la peur, abordons maintenant ce type d’émotions négatives et comment les sublimer. Voici, pour commencer, ce que nous dit le Christ, dans l'Evangile de St Matthieu au chapitre VI, versets 25 à 33 : "C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? Ne vous inquiétez donc point et ne dites pas : Que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? De quoi serons-nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus".

 Voici maintenant, sur le même sujet, une réflexion de la théosophe Annie Besant, dans un livre intitulé « Le Pouvoir de la Pensée » : « Qu'est-ce que le souci ? ». C'est la répétition d'un même enchaînement de pensées n'aboutissant à aucun résultat. Le corps mental et le cerveau reproduisent des images négatives qui s'imposent à la conscience. Lorsqu'un courant de pensées s'est tracé un canal, de nouveaux courants de pensées tendent à suivre la même voie, qui est celle de moindre résistance. Une pensée qui cause de la peine revient aussitôt par la fascination de la crainte, de même qu'une pensée qui fait plaisir revient par la fascination de l'attrait (même si ce plaisir n'est pas sain). L'objet de la crainte, la représentation de ce qui arrivera si notre anticipation devient réalité, creuse ainsi un canal dans le mental, forme un moule pour la pensée et un sillon dans le cerveau.

 La tendance du corps mental et du cerveau, lorsqu’ils n’ont aucune tâche immédiate, est de répéter la forme et de laisser l’énergie sans emploi se déverser dans le canal déjà tracé. Ces automatismes du corps mental et du cerveau peuvent être utilisés pour corriger précisément la reproduction inutile de pensées pénibles (avec le cortège d’émotions négatives ou contradictoires qu’elles suscitent). La meilleure manière de se débarrasser d’un « canal de soucis » est de creuser un autre canal de caractère diamétralement opposé. Toute personne qui souffre d’obsessions peut en triompher en s’exerçant à penser positivement : pensées de nature élevée, pensées de paix, d’harmonie.

Même lorsque la prévision d’un chagrin ou d’un ennui vient assaillir la conscience, on peut parvenir à la paix intérieure en reconnaissant que tout peut contribuer à notre évolution si nous le vivons le mieux possible.

La loi agit toujours en vue de nous affranchir, de rompre les liens qui nous tiennent enchaînés. Lorsque ces pensées sont devenues habituelles, l’esprit cesse de se tourmenter car les griffes du tracas ne peuvent pas entamer la solide armure de la paix intérieure. Toutes nos difficultés proviennent de ce que nous nous considérons comme des unités séparées, de ce que nous tournons alors sur notre propre axe mental, ne songeant qu’à nos intérêts particuliers, à nos joies et à nos chagrins personnels. La paix ne se trouve pas dans la recherche continuelle d’un contentement pour un "moi" séparé même s’il est de nature spirituelle. Le désir de progresser spirituellement est précieux tant que les désirs inférieurs entravent le novice car il y puise la force pour se libérer. Mais, l’étape suivante sera d’apprendre à vivre en communion avec les autres en s’oubliant soi-même".

Dans la leçon n°1 du cours P2, on peut lire : "L'effet des pensées de crainte et de souci sur le corps du désir est très nuisible au développement de l'âme. Sous l'action des soucis, les courants du corps du désir ne circulent plus en longues lignes courbes comme ils le font dans les conditions normales, alors ce véhicule est plein de remous et dans les cas extrêmes il n'y a que des remous.  Cette dernière situation empêche souvent la personne d'entreprendre l'action qui pourrait corriger la condition qui lui cause du souci et des tracas. La crainte qui s'exprime sous forme de scepticisme, de cynisme, de pessimisme peut être comparée à de l’eau congelée, car le corps du désir des personnes qui nourrissent habituellement ces pensées est presque inerte, et il semble que rien de ce qu'on puisse dire ou faire n'ait le pouvoir de modifier leur situation.

Chaque fois que nous permettons à une pensée de ce genre de prendre corps, elle contribue à augmenter la congélation de la substance du corps du désir et aide à former une carapace bleu acier dans laquelle la personne qui, habituellement, entretient ces pensées de crainte et de souci, se sentira à un moment donné exclue de l'amour, de la sympathie et de l'aide du monde entier.

 C'est pourquoi il est important que nous nous efforcions d'être gais et optimistes, même dans des conditions difficiles, sinon nous nous trouverons, ici-bas et dans l'au-delà, dans une situation grave".

Mais comment faire pour changer notre façon de penser ? Dans "Enseignements d'un Initié" (chap 24), Max Heindel nous présente, à ce sujet, une belle parabole : "Beaucoup parmi nous sont portés à se faire du souci pour des bagatelles. Ceci nous rappelle une histoire récemment parue dans l'un de nos journaux ; il s'agissait d'un petit garçon qui était monté sur une échelle. En grimpant, il regardait vers le haut et il était arrivé à un endroit d'où sa chute aurait été mortelle. Alors il s'est arrêté et a regardé vers le bas, ce qui lui a immédiatement donné le vertige et l'a effrayé. Mais une voix l'a appelé d'un étage supérieur en lui disant : "Regarde en haut, petit garçon; monte jusqu'à moi et je t'aiderai". Ayant levé la tête, le vertige et la peur l'ont immédiatement quitté, et il a grimpé jusqu'à la fenêtre où des bras aimants l'ont saisi pour le sauver.

Regardons donc vers le haut et efforçons-nous d'oublier les petits ennuis de la vie, car l'arc-en-ciel est toujours dans le nuage. A mesure que l'on s'efforce de vivre la vie régénérée, et de s'élever vers les hauteurs sublimes et vers Dieu, on trouvera que l'arc de paix devient un cercle et que la paix règne ici-bas aussi bien qu'en haut. Il est de notre devoir d'accomplir le travail qui nous est assigné dans le monde et nous ne devons jamais reculer devant ce devoir. Néanmoins, nous avons aussi un devoir envers la vie supérieure et c'est dans l'intérêt de ce dernier que nous prenons part au service du dimanche et qu'en amassant nos aspirations, nous avançons vers les hauteurs spirituelles.

Nous devrions nous rappeler que chacun a en lui un grand pouvoir spirituel latent, bien plus grand que n'importe quel pouvoir de ce monde et lorsqu'il se développe, nous sommes responsables de son usage. Pour augmenter ce pouvoir, nous devrions nous efforcer d'employer une partie de nos loisirs à cultiver cette vie supérieure, de telle sorte que lorsque le nuage du malheur descend sur nous, ce pouvoir nous aide à trouver l'arc dans le nuage. De même que l'arc se montre à la fin de l'orage, ainsi lorsque nous aurons développé le pouvoir de discerner le brillant arc-en-ciel dans notre funeste nuage, la fin de ce malheur sera venue et la partie lumineuse commencera d'apparaître. Plus le malheur est grand, plus la leçon nécessaire est importante. Lorsque nous suivons le sentier du mal, tôt ou tard, nous sommes, gentiment mais fermement, fouettés par les réalités de la vie pour nous faire réintégrer notre rang, et forcés de reconnaître que le sentier de la vérité se dirige vers le haut, et non vers le bas, et que Dieu gouverne le monde".

Nous devons apprendre à reconnaître et à apprécier ce qu'il y a de positif dans notre vie. C'est souvent lorsqu'un événement plus douloureux survient que l'on réalise que l'on était heureux mais qu'on ne s'en était pas rendu compte. Trouver la Paix, c'est accepter et parvenir à être reconnaissant pour tout ce qui nous arrive. Même ce qui semble négatif peut nous aider à grandir spirituellement.

Nous sommes loin d’en avoir terminé avec l’étude du corps mental. Il nous faudrait aborder plus précisément les exercices mentaux tels que la concentration, la méditation etc., l’évolution de l’Ego au Deuxième Ciel et également l’évolution de l’intellect lors des Périodes suivantes de l’actuel Grand Jour de Manifestation. Mais j’ai jugé raisonnable de reporter l’étude des ces différents points lors d'un prochain exposé.

Je terminerai cet exposé-ci par cette prière qui m'a aidé à certains moments de ma vie :  "Seigneur, donne-moi :

  • le courage de changer ce que je peux changer,
  • la patience d'accepter ce que je ne peux changer,
  • la sagesse d'en faire la différence".

  (à suivre)

  Conférence basée sur l'Enseignement rosicrucien
 légué à Max Heindel par les Frères Aînés de la Rose-Croix.