L'Intellect ou Corps Mental - 3ème partie

A150104ConfCorpsMentalAP - Avril 2005

Après l'étude du corps éthérique et du corps du désir, nous avons commencé celle du corps mental, et, en particulier le processus de la pensée tel qu'il est exposé au chapitre 3 de la Cosmogonie.

J'admets qu'en tant exposé oral, c'était parfois difficile à suivre. J'espère que l'exposé d'aujourd'hui sera d'un abord plus facile. Nous avions considéré, lors de l'exposé sur le corps du désir, la vie au Purgatoire et au Premier Ciel qui sont situés dans le Monde du Désir.

Pour commencer ce troisième exposé sur le corps mental, étudions succinctement l'évolution de l'Ego au Deuxième et au Troisième Ciels qui sont situés dans le Monde de la Pensée.

  • Le Monde Physique est le Monde de la Forme
  • Le Monde du Désir est particulièrement le Monde de la Couleur
  • Le Monde de la Pensée est la sphère du Son.

Les trois subdivisions supérieures du Monde de la Pensée fournissent les bases de la pensée abstraite, aussi sont-elles appelées dans leur ensemble la Région de la Pensée Abstraite. Les quatre subdivisions plus denses fournissent la "substance-intellect", au moyen de laquelle nous donnons corps à nos idées et les concrétisons ; elles constituent la Région de la Pensée Concrète.

Le Deuxième Ciel est situé dans la Région de la Pensée Concrète et le Troisième Ciel est dans la Région de la Pensée Abstraite. Max Heindel nous dit : "La musique céleste est un fait et non pas seulement une fleur de rhétorique. Pythagore n'inventait rien quand il parlait de la musique des sphères. Des échos de cette musique céleste nous parviennent même ici-bas dans le Monde Physique".

Un moment arrive, où le résultat de la douleur et des souffrances inhérentes à la purification et le bonheur causé par les bonnes actions de la vie passée, ont été gravés sur l'atome-germe du corps du désir. L'homme quitte alors son corps du désir et passe au Deuxième Ciel. Il y est revêtu de la gaine de l'intellect qui contient aussi les trois atomes-germes constituant la quintessence des trois véhicules abandonnés : physique, éthérique et émotionnel.

Vous savez que quand l'homme meurt physiquement, il y a, en général, un intervalle d'inconscience analogue au sommeil, avant que l'homme ne s'éveille dans le Monde du Désir et il arrive souvent que les "morts" ne savent pas ce qui leur est arrivé. Ils ne réalisent parfois même pas qu'ils ont fait leur transition et il faut un certain temps pour qu'ils y parviennent.

Il n'en est pas de même quand ils passent du Premier Ciel qui est situé dans le Monde du Désir, au Deuxième Ciel qui se trouve, comme nous venons de le dire, dans la Région de la Pensée Concrète.

Lorsque l’homme abandonne son corps du désir, il est parfaitement conscient. Toutes ses facultés semblent concentrées en un seul point. Il a le sentiment de se tenir dans l'Eternel Présent. Son âme est remplie d'une paix merveilleuse "qui surpasse toute intelligence" (Philippiens 4 :7). Dans la science occulte, on appelle cette expérience : "le Grand Silence".

Puis vient le réveil. L'esprit est maintenant dans son "pays natal". Là, les premières sensations du réveil apportent à l'esprit la magnifique "musique des sphères". Quand on dit que ce Monde est le Monde du son, il ne faut pas croire que les couleurs en soient absentes, mais, au Deuxième Ciel, c'est le son qui produit les couleurs. L'Ego vit là une période d'activité de la plus grande importance pour la préparation de sa prochaine vie, comme le sommeil est une période d'activité et de préparation pour le travail du lendemain. Le Deuxième Ciel est la vraie patrie de l'homme. Il y demeure pendant des siècles, assimile les fruits de sa dernière vie terrestre et prépare les conditions physiques les plus favorables pour le prochain stade de son développement. Ce sont ces vibrations sonores qui, telles un élixir de vie, permettent à l'Esprit Triple (Divin, Vital et Humain) d'incorporer la quintessence des corps qu'il a quitté (physique, éthérique et émotionnel) et dont Il dépend pour sa croissance.

La vie dans le Deuxième Ciel est extrêmement active et variée. Les habitants du Monde Céleste travaillent aux modèles de la Terre, qui se trouvent tous dans la Région de la Pensée Concrète. Ils modifient les traits physiques de la Terre et sont la cause de changements graduels dans son aspect, de telles sorte qu'à chaque retour à la vie physique, un milieu différent a été préparé, dans lequel ils peuvent acquérir de nouvelles expériences. L'homme modifie le climat, la flore et la faune, sous la direction d'Etres supérieurs.

Ainsi le monde est exactement ce que nous l'avons fait individuellement et collectivement, et il sera ce que nous le ferons. Le travail de l'homme dans le Monde Céleste n'est pas limité seulement aux modifications de la surface de la terre qui sera la scène de ses futurs efforts dans la conquête du Monde Physique. Il apprend également à construire un corps qui lui offrira plus tard un meilleur moyen d'expression. C'est la destinée de l'homme de devenir une Intelligence Créatrice et il est continuellement en apprentissage. Pendant la vie céleste, il apprend à construire toutes sortes de corps, le corps humain y compris. Pendant la vie céleste, il reçoit consciemment les leçons d'Instructeurs. C'est une loi de la nature que l'homme ne peut habiter un corps plus parfait que celui qu'il est capable de construire. Ainsi, nous voyons que l'homme apprend à construire ses véhicules dans le Monde Céleste et à s'en servir dans le Monde Physique. Max Heindel nous dit : "La nature fournit toutes les phases nécessaires d'expérience, d'une manière si merveilleuse et avec une telle sagesse que, à mesure que nous apprenons à sonder plus profondément ses secrets, nous comprenons de mieux en mieux le peu que nous sommes et nous éprouvons un sentiment toujours grandissant de vénération envers Dieu dont la Nature est le symbole visible.

Plus nous apprenons à connaître ses merveilles, plus nous réalisons que notre système cosmique n'est pas l'immense mécanisme à mouvement perpétuel qu'on voudrait nous faire admettre.

Il serait tout aussi logique de supposer que si nous jetons en l'air une boîte de caractères d'imprimerie, ces caractères auront formé les mots d'un magnifique poème quand ils reviendront sur le sol. Plus grande est la complexité du plan, plus grand est le poids de l'argument en faveur de la théorie d'un Auteur Divin intelligent".

Après avoir assimilé tous les fruits de sa vie passée et avoir modifié l'aspect de la Terre de manière à préparer le milieu nécessaire pour son prochain pas vers la perfection, après avoir ainsi appris, en collaborant à l'étude du perfectionnement du corps humain, à construire un corps approprié qui lui permette de s'exprimer dans le Monde Physique, et après avoir finalement extrait de l'intellect l'essence qui nourrit le triple esprit, l'Ego, privé de tout véhicule, passe dans la Région supérieure du Monde de la Pensée : le Troisième Ciel. Là, il parvient au point le plus élevé qu'il puisse atteindre au stade actuel et il ne fait que baigner dans l'harmonie ineffable de ce Monde supérieur qui le fortifie, comme un foetus en gestation dans le ventre maternel, en vue de sa prochaine descente dans la matière.

Précisément, revenons maintenant sur l'étude de l'intellect au cours de l'incarnation. Max Heindel écrit, au début de la Cosmogonie : "Pour tout homme ou femme qui a le bonheur ou le malheur de posséder un intellect inquisiteur, il est de la plus grande importance de recevoir toutes les informations désirées, de telle sorte qu'une fois les exigences de la tête satisfaites, le coeur puisse parler. Le savoir intellectuel n'est pas en lui-même un but, mais un moyen pour atteindre un certain but. Comme le mode de développement de l'aspirant dépend de son tempérament, deux voies sont ouvertes : la voie mystique et la voie intellectuelle. Le mystique suit les impulsions de son coeur et s'efforce d'accomplir la volonté de Dieu telle qu'il la ressent, s'élevant ainsi lui-même, sans avoir conscience d'un but bien déterminé, mais arrivant finalement au savoir.  
Dans l'état actuel de notre civilisation, il existe chez l'homme, entre son intellect et son cœur, un gouffre large et profond.

Cet abîme se creuse chaque jour davantage : à mesure que l'intellect vole de découverte en découverte dans le domaine de la science, le cœur est relégué de plus en plus au second plan. L'intellect, pour être satisfait, exige impérieusement qu'on lui donne des explications rigoureusement démontrées au point de vue matériel sur l'homme et sur les créatures qui l'environnent et qui forment le monde qui l'entoure.

Le cœur, au contraire, sent instinctivement qu'il existe quelque chose de plus élevé, et il aspire à des vérités plus hautes que celles qui peuvent être embrassées par l'intellect seul. L'âme humaine voudrait enfin prendre son essor sur les ailes éthérées de l'intuition et parvenir aux sources éternelles de la lumière et de l'amour spirituels ; mais les opinions scientifiques modernes lui ont coupé les ailes, et elle demeure ici-bas, enchaînée et silencieuse, tandis que ses aspirations non exaucées la rongent comme le vautour dévorait le foie de Prométhée. N'y a-t-il donc pas de terrain d'entente où la tête et le cœur puissent se rencontrer, l'un assistant l'autre dans la recherche de la vérité universelle, et chacun d'eux recevant égale satisfaction ? Il est certain que le cœur trouvera un moyen de rompre ses entraves et de réaliser ses aspirations. Actuellement, il est enchaîné par l'intellect dominateur, mais un jour viendra où il aura concentré suffisamment ses forces pour briser les barreaux de sa prison. Le cœur et l'intellect doivent pouvoir se rencontrer et s'unir.

Les Enseignements Rosicruciens tendent précisément à coordonner les faits scientifiques avec les vérités spirituelles. Mais, et c'est là un "mais" très important, les Rosicruciens ne regardent pas la compréhension intellectuelle de Dieu et de l'Univers comme une fin en soi ; tant s'en faut !

Plus l'intellect est développé, plus grand est le danger d'en faire mauvais usage. Aussi, ces enseignements scientifiques, logiques et complets, sont-ils donnés à l'homme afin que son coeur puisse croire ce que l'intellect a sanctionné et pour qu'il commence à vivre la vie religieuse. Nous voulons montrer comment l'intellect aidé par l'intuition du cœur peut sonder plus profondément les mystères de l'être, ce que ni l'un ni l'autre ne pourrait faire isolément et comment chacun d'eux peut avoir toute liberté d'action sans faire violence à l'autre et trouver un égal apaisement. C'est seulement quand cette union sera accomplie et rendue parfaite, que l'homme pourra atteindre la compréhension la plus élevée et la plus exacte de sa propre nature et du monde dont il fait partie".

L'intellect est l'instrument le plus important de l'Esprit et il est son instrument spécial dans le travail de création. Le larynx spiritualisé et perfectionné prononcera dans l'avenir le Verbe créateur, mais l'intellect, devenu parfait, décidera de la forme particulière et du volume des vibrations et sera de cette manière le facteur décisif. L'Imagination sera la faculté spiritualisée dirigeant le travail de création. Il y a actuellement une tendance générale à faire peu de cas de la faculté d'imagination ; cependant, elle est un des facteurs les plus importants de notre civilisation. Sans elle, nous serions encore des sauvages tout nus. C'est elle qui a projeté nos maisons, nos vêtements et nos facilités de transport et de transmission. Si les inventeurs de ces améliorations n'avaient pas possédé l'intellect et l'imagination nécessaires pour former des images mentales, les améliorations n'auraient jamais pu devenir des réalités concrètes.

A notre époque matérialiste, c'est à peine si l'on s'efforce de cacher le mépris dans lequel est tenue la faculté d'imagination, et personne ne ressent les effets de cette attitude plus vivement que les inventeurs. Ils passent ordinairement pour des "excentriques", et cependant ils ont été les facteurs principaux de la conquête du Monde Physique et du développement de notre milieu social, tel qu'il est de nos jours. Toute amélioration des conditions spirituelles ou physiques doit être d'abord imaginée en tant que possibilité, avant qu'elle puisse devenir une réalité. Dans la comparaison que nous avons vues entre les fonctions des divers véhicules humains et les différentes parties d'une lanterne magique, l'intellect correspond à la lentille. Il est le point focal à travers lequel les idées formées par l'imagination de l'esprit sont projetées dans l'univers matériel.

Tout d'abord, elles ne sont que des formes-pensées mais, quand le désir de réaliser ces possibilités imaginées a poussé l'homme à se mettre à l'oeuvre dans le Monde Physique, elles deviennent ce que nous appelons des "réalités concrètes". Toutefois, à l'époque actuelle, l'intellect n'est pas mis au point d'une manière qui lui permette de donner une image claire et fidèle de ce que l'Esprit imagine. Il n'est pas concentré en un seul point et il donne des images vagues et nuageuses. De là, la nécessité de faire des expériences pour montrer les imperfections de la première conception et suggérer des imaginations et des idées nouvelles, jusqu'à ce que l'image produite par l'esprit dans la substance mentale soit en adéquation avec les lois de la matière physique.

De toute façon, nous ne sommes capables de former avec l'aide de l'intellect que des images qui ont affaire avec la Forme, car l’intellect est maintenant dans sa phase "minérale" ; aussi, dans nos travaux, sommes-nous limités aux formes et aux minéraux. Nous pouvons imaginer des moyens de travailler avec les formes minérales des trois règnes inférieures, mais nous ne pouvons rien faire ou peu de choses avec la vie qui anime les corps. Nous pouvons, il est vrai, greffer une branche vivante à un arbre vivant ou une partie vivante d'un animal ou d'un homme à une autre partie vivante, (et même explorer et intervenir au niveau l’ADN et de la carte génétique) mais ce n'est pas avec la vie que nous travaillons, c'est seulement avec la forme. Nous altérons les conditions, mais la vie qui habitait déjà la forme continue à l'habiter. Créer la vie sera au-dessus du pouvoir de l'homme tant que son intellect ne sera pas devenu vivant.

Nous allons justement aborder maintenant l'évolution future de notre intellect. Dans la Période qui suivra l'actuelle Période de la Terre et que l'on appelle : Période de Jupiter, l’essence du corps physique sera incorporée au corps vital qui sera le véhicule le plus dense de cette Période. Quant à l'intellect, il sera vivifié de telle sorte que nous pourrons imaginer des formes qui vivront et croîtront comme des plantes.

Dans la Période suivante, appelée Période de Vénus, le Monde le plus dense sera le Monde du Désir. L'essence du corps physique et du corps vital sera incorporée au corps du désir, qui deviendra ainsi un véhicule de qualité transcendante, merveilleusement adaptable et répondant si bien au moindre désir de l'esprit intérieur que, dans l'état actuel de nos limitations, nous ne pouvons nous en faire la moindre idée. Notre intellect pourra alors créer des entités qui vivront, croîtront et qui seront douées de sentiment.

Finalement, dans la septième et dernière Période de l'actuel Grand Jour de Manifestation, appelée Période de Vulcain, l'essence du corps du désir avec celle du corps physique et du corps vital, sera ajoutée au corps mental qui sera alors notre seul corps et qui contiendra la quintessence de tout ce qu'il y avait de meilleur dans les trois autres véhicules. Le véhicule de la Période de Vénus étant déjà au-delà de notre actuel pouvoir de conception, celui qui sera au service des êtres divins de la Période de Vulcain que nous serons devenus l'est bien davantage ! Nous aurons le privilège de donner aux minéraux actuels (qui formeront l'humanité de la Période de Vulcain) le germe d'un intellect comme les Seigneurs de l'Intellect l'ont récemment fait pour nous. Nous aurons atteint un point un peu plus élevé dans l'évolution que celui où se trouvent actuellement les Seigneurs de l'Intellect, car rappelons-nous bien qu'il n'y a jamais nulle part une reproduction exacte des conditions passées, mais toujours une amélioration graduelle à cause de la spirale de l'évolution.

Max Heindel nous informe que nous pourrons également, au cours de cette Période de Vulcain, appeler à l'existence, au moyen de l'imagination, des créatures qui vivront, croîtront, qui seront douées du sentiment et qui penseront. J'ai réalisé, en reprenant cette affirmation, que se pose le problème de la nature de ces entités que nous pourrons créer. Des questions de cet ordre sont souvent abordées en science-fiction avec le perfectionnement des ordinateurs et des robots (2001, l'Odyssée de l'Espace écrit par Arthur C. Clarke et magistralement réalisé au cinéma en 1972 par Stanley Kubrick).

Des entités peuvent-elles penser sans avoir un esprit intérieur ? S'agira-t-il seulement d'animer une sorte d'essence élémentale, ces entités n'étant alors que des marionnettes ultra perfectionnées ? Seront-elles un aspect de notre propre être qui se manifestera tant que nous le voudrons ou bien seront-elles soi-conscientes, auquel cas se pose le problème de leur devenir ? Je laisse bien sûr ces questions en suspens, n'ayant pas la prétention d'y répondre.

A la fin de la Période de Vulcain, l'Intellect perfectionné, représentant tout ce que l'Eprit aura amassé pendant son pèlerinage à travers les sept Périodes, sera absorbé par l'Esprit Divin. Après cela, viendra un long intervalle d'activité subjective dans ce que l’on appelle la Nuit Cosmique, pendant laquelle l'Esprit Vierge assimilera tous les fruits des Périodes septénaires de Manifestation active. Il sera alors absorbé en Dieu de Qui il émane et de Qui il émergera de nouveau à l'aube d'un autre Grand Jour, comme un de ses aides glorieux. Ses capacités latentes auront été transmuées en pouvoirs dynamiques. Il aura acquis le Pouvoir de l'Ame et un Intellect Créateur, comme fruit de son pèlerinage dans la matière. Il sera passé de l'impuissance à l'Omnipotence, de l'ignorance à l'Omniscience.

 (à suivre)

 Conférence basée sur l'Enseignement rosicrucien  
légué à Max Heindel par les Frères Aînés de la Rose-Croix.