Le Corps du Désir - 2ème partie

AP - Juillet 2004A150104ConfCorpsDesir

Les noms des trois Subdivisions supérieures du Monde du Désir sont : la Région de la "Vie de l'Ame", la Région de la "Lumière de l'Ame" et la Région du "Pouvoir de l'Ame".

Elles sont le domaine de l'Art, de l'Altruisme, de la Philanthropie et de toutes les activités de la vie supérieure de l'âme. Considérons ces trois régions supérieures du Monde du Désir au niveau de la vie post-mortem.

Quant le séjour au Purgatoire est terminé, l'esprit, est délivré de la lourde substance des désirs inférieurs, l'Ego est purifié, il se sent léger et "s'élève" (*) au Premier Ciel, qui est situé dans les trois Régions supérieures du Monde du Désir.
(*) Le terme peut paraître impropre puisque toutes les régions s'interpénètrent mais c'est bien ressenti ainsi).

Une expérience que l'on peut vivre à la foire du Trône (fête foraine) peut permettre de le comprendre. Vous avez peut-être déjà vu un rotor, constitué d'un cylindre de quelques mètres de diamètre, dans lequel les participants se placent contre la paroi et qui commence à tourner de plus en plus vite. A un moment, le plancher s'abaisse brusquement et les personnes restent "collées" à la paroi. Eh bien, celui qui vit cette expérience ne se sent pas suspendu dans le vide, mais il a simplement l'impression que la paroi s'incline progressivement jusqu'à se mettre à l'horizontale. La seule chose curieuse, c'est de voir en face de soi une personne qui semble être "collée au plafond".

De même, certaines expériences hors du corps donnent, au départ, l'impression que l'on est comme une aiguille métallique entre les deux pôles d'un aimant et que la qualité de nos pensées et de nos sentiments nous fera "monter" vers la lumière ou "descendre" dans des régions moins lumineuses. Et cette sensation de monter ou de descendre est bien ressentie comme celle que l'on éprouve dans le rotor.

Au Premier Ciel, le panorama de la vie passée se déroule de nouveau à rebours, mais cette fois ce sont les bonnes actions de la vie qui forment la base des sentiments. Quand nous revoyons les moments pendant lesquels nous avons aidé autrui, non seulement nous éprouvons de nouveau toute la joie que nous avions alors éprouvée, mais de plus, nous percevons le soulagement éprouvé par celui qui a reçu notre aide, ainsi que toute sa reconnaissance, s'il en a eu, même s'il n'a pas su qui l'a aidé.

Quand nous contemplons des scènes dans lesquelles nous avons été aidés par les autres, nous éprouvons à nouveau ce sentiment de gratitude pour l'aide reçue et pour le soulagement qui en a découlé pour nous.

Il est important de bien apprécier les faveurs dont nous sommes l'objet, car le sentiment de reconnaissance aide à la croissance de l'âme. Rendre grâce pour toutes choses est une habitude que nous devrions essayer d'acquérir au cours de l'incarnation.

Notre bonheur dans le Ciel dépend de la joie que nous avons donnée aux autres et de l'appréciation que nous avons montrée pour ce que les autres ont fait pour nous.

Le Premier Ciel est un séjour de félicité sans aucune goutte d'amertume. L'esprit y est soustrait à l'influence des conditions matérielles terrestres et il assimile tout le bien contenu dans la vie passée, qu'il vit à nouveau. Là, toutes les aspirations élevées que l'homme nourrissait sont réalisées dans la plus large mesure. La maladie, le chagrin et la douleur y sont inconnus.

De belles maisons, des fleurs, etc., sont le partage de ceux qui les ont désirées. Ils les construisent eux-mêmes par la pensée avec la substance-désir ; néanmoins, ces choses sont pour eux aussi réelles et tangibles que le sont pour nous nos maisons matérielles.

Une catégorie d'entités mène au Premier Ciel une existence particulièrement belle : ce sont les enfants. Si nous pouvions les voir, nous cesserions de nous lamenter. Quand un enfant meurt avant la naissance de son corps du désir (qui a lieu vers la quatorzième année), il n'est pas responsable de ses actions, c'est pourquoi il ne va pas au Purgatoire, mais passe directement au Premier Ciel qui constitue pour lui une région d'attente qu'il habite pour une durée de un à vingt ans (sans oublier que la conscience du temps ne soit pas la même que dans le monde physique), jusqu'à ce qu'une occasion s'offre pour une nouvelle incarnation.

Cependant, c'est plus encore qu'une simple période d'attente, parce que beaucoup de progrès sont accomplis pendant ce séjour au Premier Ciel. Quand un enfant meurt, il y a toujours quelque membre de sa famille qui l'attend ou, à défaut, des personnes qui aimaient « à tenir lieu de mère » à des enfants pendant leur vie terrestre et qui se font un plaisir de prendre soin d'un petit abandonné. L'extrême plasticité de la substance-désir facilite la construction de jouets vivants et exquis pour les enfants, et leur vie est une suite de belles récréations ; néanmoins, leur éducation n'est pas négligée : ils sont divisés en classes, selon leur tempérament et non selon leur âge. Il est facile dans le Monde du Désir de donner des leçons de choses sur l'influence des passions bonnes et mauvaises, la conduite dans la vie et le bonheur.

Ces leçons sont imprimées d'une manière indélébile sur le corps du désir sensitif et émotionnel de l'enfant et elles demeurent avec lui pendant sa nouvelle incarnation, de sorte que plus d'une personne qui mène maintenant une noble vie le doit en grande partie au fait qu'elle a reçu ces leçons spéciales.

De façon plus générale, le Premier Ciel est un lieu de perfectionnement pour tous ceux qui ont été laborieux, qui ont eu l'amour des arts et qui ont pratiqué l'altruisme. L'étudiant et le philosophe ont alors accès à toutes connaissances que l'on peut acquérir à ce niveau.

Le peintre éprouve une joie toujours nouvelle aux combinaisons sans cesse changeantes des couleurs. Il ne tarde pas à apprendre que sa pensée mélange et dispose ces couleurs à son gré. Ses créations brillent et scintillent avec une vie impossible à atteindre par celui qui ne peut se servir que des ternes couleurs physiques. Il peint, pour ainsi dire, avec une matière vivante, ardente et il peut mettre ses idées à exécution avec une facilité qui remplit son âme de joie.

Le musicien n'a pas encore atteint le lieu où son art trouvera son expression la plus complète, puisque cela aura lieu dans le Monde de la Pensée où sont situés le Deuxième et le Troisième Ciel et qui est la sphère du Son. Mais la musique y atteint déjà une qualité vibratoire inconnue dans notre Monde Physique, par son association avec la lumière et les couleurs.

Les expériences du poète sont analogues à celles du musicien ; car la poésie est l'expression des sentiments les plus profonds de l'âme, au moyen des mots qui sont ordonnés, selon les mêmes lois d'harmonie et de rythme qui gouvernent les effusions de l'esprit par l'intermédiaire de la musique. De plus, le poète trouve une source merveilleuse d'inspiration dans les images et les couleurs qui sont la principale caractéristique du Monde du Désir. C'est de là qu'il tirera les matériaux qui lui serviront pour son oeuvre dans sa prochaine incarnation. L'écrivain accumule de la même façon ses sujets et développe ses facultés.

Le philanthrope élabore ses plans altruistes pour l'élévation de l'homme. S'il a échoué auparavant, il verra dans le Premier Ciel quelles en sont les raisons et il apprendra à surmonter les obstacles et à éviter les erreurs qui rendaient inapplicable son premier plan. Un moment arrive où, de même que le résultat de la douleur et des souffrances inhérentes à la purification du Purgatoire ont été gravés sur l'atome-germe du corps du désir, le bonheur causé par les bonnes actions de la vie passée l'est également. Ensemble, ils constituent ce que nous appelons la conscience qui nous met en garde contre le mal, source de douleur, et qui nous fait pencher vers le bien, source du bonheur et de la joie. Alors l'homme laisse désintégrer son corps du désir, comme il avait abandonné son corps dense et son corps vital et passe au Deuxième Ciel, dans le Monde de la Pensée que nous considérerons dans un prochain exposé.

Donnons maintenant une "description" du corps du désir.

Tandis que le corps physique et le corps éthérique sont bien organisés, le corps du désir apparaît à la vue spirituelle tel un ovoïde nuageux, s'étendant de 40 à 50 centimètres au-delà du corps physique. Il dépasse la tête et les pieds, de sorte que notre corps dense se trouve au centre de ce nuage ovoïde, tout comme le jaune est au centre de l'oeuf.

La raison de l'état rudimentaire de ce véhicule est due au fait qu'il a été ajouté plus récemment à la constitution humaine que les autres corps, comme nous le reverrons plus précisément dans la suite de cet exposé. Des bras et des jambes, des oreilles ou des yeux ne sont pas nécessaires pour utiliser le corps du désir. Il peut glisser à travers l'espace beaucoup plus vite que le vent sans aucun des moyens de locomotion indispensables dans ce monde visible.

Nous avons déjà expliqué qu'une des caractéristiques de la matière-désir est d'être en mouvement constant. Chaque particule, dans le corps du désir, est en mouvement incessant, tourbillonnant très rapidement, de sorte qu'elle peut passer instantanément de bas en haut du corps du désir ou vis et versa et communiquer de tous côtés à toutes les autres particules la sensation qu'elle vient d'avoir. Ainsi, chaque particule de matière-désir de ce véhicule qui est nôtre, ressentira immédiatement toute sensation reçue isolément par n'importe quelle particule.

Du centre principal situé dans la région du foie, un flot continu rayonne vers la périphérie de ce corps en forme d'oeuf, puis retourne vers le centre à travers plusieurs autres tourbillons. Le corps du désir présente toutes les couleurs et nuances que nous connaissons, ainsi qu'un grand nombre d'autres inexprimables en un langage terrestre. Ces couleurs varient pour chaque personne selon le tempérament et les caractéristiques de chacune d'elles, et elles se transforment selon l'humeur, le caprice ou les émotions de celle-ci.

D'une façon générale, sauf en cas de forte émotion, les teintes claires et lumineuses se situent dans la partie supérieure de l'aura alors que les couleurs sombres sont dans la partie inférieure. Etudions très succinctement les couleurs fondamentales dans l’ordre où elles apparaissent dans l’arc-en-ciel.

• Le violet (Mercure et Neptune) se trouve surtout autour de la tête et indique une consécration à un idéal spirituel.
• L'indigo (Saturne) indique un esprit d'abnégation et de service.
• Le bleu (Jupiter) lorsqu'il est pur indique la dévotion religieuse. Lorsqu'il est teinté de gris le sentiment religieux est imprégné de superstition, de peur ou de fanatisme.
• Le vert (Lune) lorsqu'il est clair indique la sympathie, l'adaptabilité, la créativité. Le vert foncé teinté de brun rougeâtre indique la jalousie ; teinté de gris, il indique que l'amitié est feinte.
• Le jaune (Vénus et Uranus), lorsqu'il est pur indique un intellect spiritualisé, la recherche désintéressée de la vérité. (Il ne faut pas le confondre avec la couleur or du corps de l'âme).
• L'orange (Soleil) lorsqu'il tire vers le jaune indique l'extraversion, l'énergie et la bonne santé. Lorsqu'il est plus foncé cela indique de l'orgueil. 
• Le rouge (Mars et peut-être Pluton) manifeste les passions. Lorsqu'il tire vers le rose, il s'agit d'une affection de type maternel ou paternel ou d'une sensibilité aux arts et une aspiration à une vie paisible.
• La colère se manifeste par un rouge-brique rutilant et sous formes de zébrures.
• Le rouge très sombre mêlé de brun dénote la sensualité avec le désir de « posséder » le corps d'autrui.

Il faut ajouter :

• le brun qui, dans ces tonalité lumineuses, manifeste le plaisir d'avoir de belles choses et de se distraire ; le brun foncé, lui, manifeste l'avarice et la cupidité.
• le gris et le noir indiquent la peur, l'angoisse, la morosité ou la dépression.

Max Heindel mentionne la coque gris-acier qui emprisonne celui qui subit (ou nourrit) un état dépressif. La personne s'est enfermée et il est difficile de l'aider, mais la prière peut toujours y contribuer. Lorsque l'on vit une période dépressive essayons d'abord les médecines douces telles que l'homéopathie et l'acuponcture avant de s'engager dans la voie dangereuse, bien que parfois nécessaire, des neuroleptiques.

Et soyons sûrs que la lumière est toujours là, même si nous sommes plongés momentanément dans l'obscurité. N'oublions pas que nous sommes surtout responsables des pensées que nous nourrissons, moins de celles que nous subissons (même si nous avons contribué à les créer ...). Ces périodes ont un sens et contribuent à l'évolution spirituelle.

Conférence basée sur l'Enseignement rosicrucien
légué à Max Heindel par les Frères Aînés de la Rose-Croix.