Le Corps Ethérique - 2nde partie

AP - Juin 2004 A150104ConfCorpsVital

Revenons, pour le moment, à une description un peu plus approfondie du corps vital de l’être humain tel qu’il est à l’époque actuelle. Comme nous l'avons déjà mentionné au début de cet exposé, on a donné ce nom de "corps vital", dans les Ecoles Occidentales des Mystères.

Et ce, car, l'éther est la voie d'accès de la force de vie venant du Soleil et le champ des forces qui favorisent les activités vitales telles que l'assimilation, l'élimination, la croissance et la reproduction.

Ce véhicule est le moule de notre corps visible, organe pour organe. Mais, il est un peu plus grand, il s'étend, comme nous l’avons dit, d'environ quatre centimètres au-delà de la périphérie de notre corps dense.

Les atomes des éthers chimique et vital réunis autour de l'atome-germe du corps vital situé dans le plexus solaire, sont de forme prismatique ; ils sont disposés de telle façon que lorsque l'énergie solaire pénètre dans le corps, par la rate, le rayon réfracté est rouge, couleur de l'aspect créateur de la Trinité, c'est-à-dire Jéhovah, le Saint Esprit, qui gouverne la Lune, planète de la fécondation. C'est pourquoi, le clairvoyant voit la vie solaire qui entre ainsi dans le corps humain comme un fluide d'un splendide rose pâle (du moins lorsque l’individu est en bonne santé).

Ce fluide se répand dans tout le système nerveux, et après avoir été utilisé dans le corps, il rayonne hors du corps, en courants analogues aux piquants du hérisson. Il circule le long de chaque nerf et lorsque les centres du cerveau l'envoient en quantité particulièrement grande, elle fait mouvoir les muscles auxquels conduisent les nerfs. On peut se demander ce qui se produit en cas d'ablation de la rate.

Il faut savoir que quand un membre a été amputé, seul l'éther planétaire accompagne les parties détachées, la contrepartie éthérique du membre reste en place et se désintègre progressivement.

L'effet Kirlian qui permet grâce aux hautes fréquences de voir un rayonnement autour de ce qui est «en vie» en apporte une preuve.

Appliqué à une feuille fraîchement ôtée d'un arbre et dont on a coupé une partie, le rayonnement fait réapparaître la forme complète de la feuille. S'il s'agissait seulement d'un effet «couronne» comme la luminescence autour de fils électriques, comme certains scientifiques l'affirment, on ne devrait voir le rayonnement qu'autour du contour de la demi-feuille et non pas de la partie «fantôme».

Voici un exemple frappant donné par Max Heindel, montrant qu'une relation continue un moment d’exister entre un membre à quelque distance qu’il se trouve et le corps dont il a été détaché. C’est le cas d'un homme qui se plaignait d'une douleur dans le bras qu'on venait de lui enlever comme si on lui avait enfoncé, disait-il, un clou dans la chair. Ses plaintes étaient telles qu'on a exhumé le membre : il était effectivement traversé par un des clous de la caisse dans laquelle il était enfermé. Le clou fut enlevé et la douleur disparut instantanément.

Dans le cas d'un organe, dont la contrepartie éthérique a une fonction importante, il est évident que la désintégration ne se produira pas. C’est bien entendu, pour répondre à une question qui nous est fréquemment posée, le cas du cœur. En cas de transplantation, la contrepartie éthérique demeure et en particulier l’atome-germe du corps physique (qui n’est pas « dans » le cœur physique, contrairement à ce que son nom indique). C’est également le cas pour la rate. Fort heureusement, même en cas d’ablation, l’énergie solaire continue de passer par la rate éthérique.

Nous avons dit qu’à l'état de veille, il y a une lutte constante entre le corps vital et le corps du désir. Les désirs et les impulsions du corps du désir frappent continuellement le corps physique, le poussant à l'action, indifférents aux dommages qui peuvent en résulter. C'est le véhicule du désir qui pousse l'ivrogne à remplir d'alcool son organisme, de sorte que la combustion chimique de l'alcool élève les vibrations du corps dense à un degré suffisant pour en faire l'instrument docile des impulsions les plus folles. Le corps vital, lui, assure la préservation du corps dense. Il cherche toujours à ménager l'énergie. Il est constamment occupé à reconstruire les tissus affaiblis ou détruits, par les assauts puissants du corps du désir allié à l’intellect. Toutefois, au cours de la journée, il perd graduellement du terrain, et un moment vient finalement où il cède. Ses « pointes » se contractent, pour ainsi dire. Le fluide vital cesse de passer en quantité suffisante le long des nerfs; le corps s'endort. Alors, il y a une séparation : l'Ego et l'intellect, revêtus du corps du désir, se retirent du corps vital et du corps dense. Le corps vital se met à travailler sur le corps dense, éliminant les déchets, principalement au moyen du système nerveux sympathique et il en résulte que le corps dense est restauré. Il est, en règle générale, débordant de vie lorsque le corps du désir, le mental et l’Ego y rentrent le matin au réveil.

La science physique a établi que presque toutes les cellules de notre corps dense sont renouvelées, de sorte que tous les matériaux qui composent notre véhicule auront disparu dans quelques années; mais tout le monde sait que les cicatrices et autres marques subsistent de l'enfance à la vieillesse. Cela tient au fait que les atomes prismatiques du corps vital, restent inchangés du berceau à la tombe. Ils occupent toujours la même position relative, c'est-à-dire que les atomes prismatiques d'éther qui font vibrer les atomes physiques des orteils ou des doigts, ne s'en vont pas aux mains, aux jambes ou à aucune autre partie du corps, mais restent exactement à leur place initiale. Une lésion des cellules physiques entraîne une empreinte similaire sur les atomes d'éther prismatiques. Ces atomes prismatiques sont ceux des deux éthers les plus denses : chimique et vital.

Qu’en est-il des deux éthers plus subtils : lumière et réflecteur ? Au stade actuel de son évolution, tout être humain possède, dans son corps vital, une certaine quantité d'éther lumière et d'éther réflecteur, qui sont les véhicules de la perception sensorielle et de la mémoire. Comme l'éther chimique correspond aux solides du Monde Physique et l'éther vital aux liquides, on peut dire que l'éther lumière correspond aux gaz du Monde Physique. Quant à l'éther réflecteur, la meilleure description que l'on puisse peut-être en donner est de l'appeler hyper-éthérique. C'est une substance très subtile, d'une couleur bleuâtre, dont l'apparence est analogue à la partie centrale de la flamme d'un bec de gaz. Dans cet éther se trouve l'un des enregistrements de la Mémoire de la Nature. Les éthers lumière et réflecteur sont d'une nature diamétralement opposée à celle des atomes d'éthers prismatiques stables et fixes. Ils sont volatiles et migratoires. Ils sont quelque peu flous chez l'homme ordinaire et n'ont pas encore pris une forme définitive ; ils interpénètrent les atomes physiques du corps comme l'air interpénètre une éponge, et ils forment une légère atmosphère aurique autour de chaque atome.

Dans le corps vital d'une personne dont l'intérêt principal est centré sur la vie physique, qui ne vit, en quelque sorte, que pour satisfaire ses sens, les deux éthers inférieurs prédominent, tandis que chez une personne plutôt indifférente aux plaisirs matériels de la vie, mais qui cherche à avancer spirituellement, les deux éthers supérieurs sont plus abondants. Lorsqu'à la suite d'une vie d'altruisme et de sacrifice, ils se sont accrus jusqu'à la limite de saturation du corps, on les voit à l'extérieur du corps dense, formant les deux couleurs bleue et or. Le bleu dénote le type de la plus haute spiritualité, et c'est pourquoi il est d'un petit volume, et peut être comparé au centre d'une flamme de gaz, tandis que la teinte or compose la plus grande partie du corps de l'âme et correspond à la lumière jaune qui en entoure le centre.

La couleur bleue n'apparaît pas au dehors du corps dense, excepté chez les grands saints; seul le jaune est habituellement perceptible. Les éthers lumière et réflecteur constituent alors ce que Saint Paul appelle Soma Psuchikon ou corps de l'âme, qui reste avec l'homme pendant ses expériences au Purgatoire et au Premier Ciel, où l'essence de l'existence vécue est extraite. C'est la Robe Nuptiale d'Or, la Pierre Philosophale ou Pierre Vivante, dont il est parlé dans certaines philosophies anciennes comme étant l'Ame de Diamant, car ce corps est lumineux, brillant et étincelant, un joyau sans prix. Mais attention ! Il ne faut pas confondre ce corps de l'âme avec l'âme, au sens où l'entend la Philosophie Rosicrucienne.

A un niveau beaucoup plus prosaïque, cela pourrait correspondre à confondre l'huile essentielle extraite d'une plante avec la plante elle-même. On sait qu'il faut des kilogrammes de plantes pour obtenir quelques grammes d'huiles essentielles et que les propriétés thérapeutiques de ces essences sont décuplées par rapport à celles de la plante elle-même. En effet, selon l'Enseignement Rosicrucien, l'âme est triple et elle est le produit spiritualisé du corps triple; elle sera absorbée dans les périodes à venir par l'Esprit triple. En particulier, en ce qui concerne le corps vital, son produit spiritualisé est l'âme intellectuelle qui nourrit l'Esprit Vital.

Donc, aussi splendide que soit le véhicule formé par les deux éthers supérieurs qui est le corps de l'âme, il n'est ni l'âme triple, ni même l'âme intellectuelle. Des hommes et des femmes ont déjà appris, par une vie sainte et charitable, à sortir du corps de chair et de sang, soit d'une façon intermittente, soit d'une façon permanente, et à parcourir les cieux de leurs pieds ailés, revêtus de la robe nuptiale éthérique de la Nouvelle Dispensation.

Nous venons de dire que l’extrait du corps vital est l'Ame Intellectuelle, nourriture de l'Esprit Vital. L'Esprit Vital est le véritable Principe Christique dans l'homme. Max Heindel écrit :
«Comme le travail du Monde Occidental consiste à développer ce Principe Christique, afin de former le Christ Intérieur pour qu'il puisse briller dans l'obscurité matérielle des temps présents, la répétition des idées est donc, comme nous l’avons dit, absolument essentielle. Mais de même que dès sa naissance l'enfant a besoin de nourriture, ainsi dès sa naissance en nous, le Christ Intérieur est un nouveau-né qui demande à être nourri jusqu'à ce qu'il atteigne la stature d'homme. Et, de même que le corps dense croît par une assimilation continuelle de matériaux extraits de la Région Chimique (solides, liquides et gaz), de même, à mesure que le Christ grandit en nous, les éthers supérieurs croissent en volume et forment une nuée lumineuse autour de l'homme ou de la femme suffisamment éclairés pour diriger leurs regards vers le ciel ; cette nuée revêt le pèlerin d'une lumière si brillante qu'il marche réellement dans la lumière».

Grâce à une vie de service désintéressée et aux exercices donnés par l'Ecole Occidentale des Mystères des Rose-Croix (rétrospection du soir et concentration du matin), il devient possible, avec le temps, de détacher les deux éthers supérieurs et l'aspirant peut alors sortir de son corps dense, en laissant momentanément cette enveloppe matérielle, vitalisée par les deux éthers inférieurs. Il est alors devenu ce que nous appelons un Aide Invisible. Certains, trop impatients d'aboutir par n'importe quel moyen, oublient que c'est seulement par le service et l'oubli de soi que se forme la Robe Nuptiale d'Or composée des deux éthers supérieurs. Du moment que l'éther chimique est l'agent d'assimilation, raisonnent-ils, il peut être éliminé du corps vital en privant le corps dense de nourriture. Ils pensent que, l'éther vital étant l'agent de la reproduction, ils peuvent l'affaiblir par une vie de continence (à ne pas confondre avec la chasteté qui doit être la véritable cause de la continence). Dès lors, il ne leur resterait plus que les deux éthers supérieurs; ou du moins le volume de ces deux derniers l'emporterait sur celui des éthers inférieurs. Dans ce but, ils pratiquent toutes les austérités imaginables, dont le jeûne prolongé.

Par ces moyens contre nature, le corps perd sa santé et devient émacié. La nature passionnelle qui cherche à s'exprimer à travers la fonction de reproduction, est réduite au silence par des flagellations et autres macérations. Il est vrai que par ces horribles méthodes, la nature inférieure semble domptée ; il est aussi vrai que, une fois les fonctions corporelles réduites à leur plus simple expression, des visions ou plutôt des hallucinations, peuvent en être le résultat. Mais la véritable spiritualité n'a jamais été atteinte en dégradant ou en détruisant le « Temple de Dieu », notre corps, et le jeûne peut être aussi immoral que la gloutonnerie.

Abordons maintenant la question de la polarité du corps vital. Il faut savoir que le corps vital de l'homme est de polarité négative, tandis que celui de la femme est positif. Ce fait nous donne ainsi l'explication de plusieurs problèmes troublants de la vie. Possédant un corps vital positif, la femme arrive plus rapidement que l'homme à maturité. Certaines parties de son corps restent semblables aux plantes, tels les cheveux, par exemple, qui poussent plus longs et plus abondants que chez l’homme chez qui la calvitie est beaucoup plus fréquente. Et le corps vital positif de la femme produit plus de sang que le corps vital négatif de l'homme ; c'est pourquoi, la pression sanguine, plus forte chez la femme, subit une diminution grâce au flux périodique dont la cessation, à la ménopause, occasionne chez elle une « seconde croissance », très justement appelée « embonpoint de la cinquantaine ». Le fait que la femme cède facilement à ses émotions est également dû à la polarité de son corps vital. Les larmes diminuent la pression car elles ne sont pas autre chose qu'une « saignée blanche ».

L'homme peut avoir et a certainement des émotions aussi fortes que celles de la femme, mais il est, en général, capable de les contenir sans verser de larmes, parce que son corps vital négatif ne produit pas plus de sang qu'il n'en peut supporter.

La femme est, en général, plus sensible aux impacts spirituels, elle est intuitivement en contact avec les vibrations spirituelles de l'univers. Elle est souvent plus idéaliste et s'intéresse davantage aux choses qui tendent à l'élévation morale de l’humanité ; et comme ce n'est qu'en s'élevant moralement et en croissant spirituellement que l'humanité peut progresser actuellement, elle est vraiment le premier facteur de l'évolution. Notons que, comme les Egos renaissent alternativement dans l'un ou l'autre sexe, il n'y a pas là, à proprement parler, de véritable prééminence. Max Heindel écrit (au début du XXème siècle) :
«Ce serait un immense bienfait pour la race humaine toute entière si l'on accordait à la femme, en toutes choses, des droits égaux à ceux de l'homme. Tant que cela ne sera pas, nous ne pouvons espérer voir s'accomplir les réformes qui uniront vraiment tous les hommes entre eux».

Abordons maintenant les liens entre l’état mental et le corps vital. De même que le vampire aspire l'éther du corps vital de sa victime et s'en nourrit, ainsi les pensées continuelles de regrets et de remords deviennent un élémental-désir qui agit à la façon d'un vampire et suce la vie de la pauvre âme qui l'a formé, aussi longtemps que cette habitude morbide est entretenue (en vertu de la loi d'attraction). Cela dure même, hélas, un peu plus longtemps, car le fait de rectifier un comportement négatif n'en interrompt pas immédiatement les conséquences, lorsque ce comportement a été entretenu pendant des années. Il ne faut pas croire que si nous nous laissons aller des journées entières aux regrets et aux remords, nous diminuerons ainsi la durée de notre purgatoire, dans la vie post-mortem ! Au contraire !

En effet, au Purgatoire, on revoit les événements de sa vie au cours desquels on a mal agi, avec toutes les conséquences qui en ont résulté pour les autres et pour soi-même et cela provoque une souffrance salutaire, utilisée pour déraciner le mal, la conscience se détournant de chaque image à mesure que celle-ci a été détruite par la force de répulsion. Il n'en est pas de même en incarnation, où l'interpénétration du corps du désir et du corps vital, nous rend aptes à revivifier une image dans notre mémoire aussi souvent que nous le voulons et si ces images engendrent des remords et des regrets (en dehors de la brève période consacrée à la rétrospection du soir), ces pensées négatives contribuent à construire une coque bleu acier, la coque de la crainte qui isolent progressivement la personne et peuvent aller jusqu'à la rendre physiquement malade.

D'une façon générale, la maladie se fait d'abord sentir dans le corps du désir et dans le corps vital dont la texture s'amenuise et ne spécialise plus autant de fluide vital qu'en état de bonne santé. C'est alors que le corps dense devient malade. Lorsque la guérison s'opère, l'état des véhicules supérieurs s'améliore avant que cela ne se manifeste dans le corps physique. Quand un voyant examine une personne qui est sur le point de tomber malade, il voit que son corps vital s'affaiblit graduellement et lorsque ce corps vital s'affaiblit au point où il ne peut plus soutenir le corps dense, ce dernier commence à montrer des signes que nous nommons maladie.

Parallèlement, quelque temps avant le retour de la santé, la structure du corps vital devient de plus en plus tonique, alors commence la période de convalescence. Lorsque la santé fléchit, le corps vital spécialise peu d'énergie solaire. Il semble alors que, pour un temps, le corps visible se nourrisse de ce corps vital, de sorte que celui-ci devient plus transparent et s'affaiblit en même temps que le corps visible montre un état de maigreur. Les radiations de force vitale sont presque entièrement absentes pendant la maladie, aussi les complications s'ensuivent-elles aisément.

Comme nous l’avons vu, l'homme qui a un corps dense positif, possède en revanche un corps vital négatif. Pour cette raison, il n'est pas capable de résister à la maladie aussi bien que la femme dont le corps dense est négatif et le corps vital positif. C'est pourquoi la femme est capable de supporter les attaques d'une maladie pouvant tuer un homme ayant deux fois son poids et son apparence de vitalité ! Elle souffre plus intensément que l'homme, mais elle supporte la douleur avec un plus grand stoïcisme. Lorsque survient une amélioration, son corps vital positif semble littéralement sucer l'énergie solaire, comme par des millions de bouches. Ce corps se dilate en quelque sorte et commence presque immédiatement à produire le rayonnement caractéristique de la santé, le corps dense récupérant ainsi très rapidement ses forces.

Par contre, lorsqu'un homme a été terrassé par la maladie et qu'une amélioration est en vue, il absorbera autant d'énergie solaire que possible, mais l'avidité qui caractérise le corps vital de la femme lui fait défaut. Il restera donc plus longtemps en convalescence.

Quand on regarde un malade avec la vue spirituelle, son corps vital semble affaibli et aminci en proportion des ravages faits par la maladie. Il n'émet pas de rayons, comme lorsque le corps dense est en bonne santé, mais il dégage une émanation malsaine, laquelle s'enroule en tourbillons et en spirales qui restent à proximité du corps dense. Au lieu d'être rosé, le corps vital est habituellement gris foncé presque partout, et la partie particulièrement malade est enveloppée de quelque chose qui ressemble à une masse de gelée noire. Aussi longtemps qu'un organe est malade, il produit cette substance toxique qui l'entoure et empêche les courants positifs du corps vital de le traverser. C'est ce que nous appelons les vibrations de la maladie et au moment où la personne reçoit un traitement magnétique de guérison, c'est ce poison noir que les mains du guérisseur absorbent. Le magnétiseur nettoie simplement cet organe et il ouvre ainsi la voie à l'influx des courants dispensateurs de vie et de santé. Habituellement, le soulagement n'est que temporaire, car le malade continue à générer ces miasmes toxiques et cet état exige bientôt un autre nettoyage de la part du guérisseur. Il en va ainsi jusqu'à ce que les courants vitaux deviennent suffisamment forts pour maîtriser et rejeter la substance toxique et nettoyer eux-mêmes l'organisme. Alors la santé revient.

Le magnétiseur doit veiller à ne pas absorber ce poison éthérique qui pourrait le rendre malade. Max Heindel nous dit qu'on peut rejeter ces miasmes d'un mouvement de bras vigoureux; mais si le malade passe à proximité de l'endroit où ces déchets éthériques sont tombés, il les absorbe à nouveau. C'est pourquoi Max Heindel avait l'habitude de jeter ces émanations dans le feu, afin qu'elles soient brûlées pour ne plus nuire. Notons que se laver abondamment les mains et les bras dans l'eau courante peut suffire.

Chaque aspirant ne doit pas se positionner automatiquement comme magnétiseur. C'est un don qui peut nous être octroyé, mais il est préférable de s'offrir comme intermédiaire dans une prière comme celle de notre service de guérison et de laisser les Aides Invisibles s'en servir pour «être employé où le besoin s'en fait le plus grandement sentir». Max Heindel nous dit :
«Le médecin ostéopathe aborde le problème sous un angle opposé en manipulant les nerfs qui sont les canaux des organes vitaux. Son action renforce ces courants et ils commencent à débarrasser les miasmes de la partie malade. Cependant, plusieurs traitements sont généralement nécessaires avant que la santé ne revienne, parce que les miasmes bloquent les nerfs à nouveau, peu de temps après la manipulation. Par conséquent, l'opinion de l'auteur - bien qu'il n'ait jamais fait l'essai de cette méthode - est qu'une combinaison des deux systèmes pourrait merveilleusement faciliter la guérison des maladies, en ouvrant les courants nerveux et en les renforçant par des traitements ostéopathiques, tout en chassant les miasmes grâce au magnétisme, à condition de ne pas oublier de se débarrasser de ces miasmes».

Si l'on apporte une attention rigoureuse à l'hygiène et à l'alimentation, c'est naturellement le corps dense qui est le plus affecté mais, en même temps, le corps vital et le corps du désir en ressentent l'effet, car à mesure que nous incorporons au corps dense des matériaux meilleurs et plus purs, ses molécules s'enveloppent d'un éther planétaire et d'une substance-désir d'une plus grande pureté. Ainsi, la partie planétaire du corps vital et du corps du désir devient plus pure. Si la nourriture et l'hygiène font l'objet de notre attention, il nous est un peu plus facile d'entrer en contact avec ce qui est Bien, que si nous consommions des aliments plus grossiers.

D'autre part, si en dépit des tracas et des soucis, une personne cultive l'égalité d'humeur et développe en même temps un esprit de service, le corps vital produira sur les choses physiques un effet de délicatesse et de raffinement. Il fera aussi naître des sentiments et des émotions d'une noble nature dans le corps du désir. Prières, rituels et exercices spirituels ont beaucoup de valeur dans la spiritualisation du corps vital, lorsqu'ils sont bien adaptés.

L'occultiste emploie la concentration de préférence à la prière, parce qu'elle s'accomplit à l'aide de l'intellect. Cependant, quand elle est dictée par la consécration désintéressée à un idéal élevé, la prière est très supérieure à la froide concentration : elle n'est jamais froide car : «sur les ailes de l'Amour, elle porte les effusions du mystique vers la Divinité». La prière doit être le plus altruiste possible : pour autrui et en harmonie avec le Bien Universel. Lorsque nous prions pour la pluie et que notre voisin prie pour qu’il ne pleuve pas, si nos prières étaient exaucées, ce serait le chaos ! Ne nous figurons pas non plus qu'on puisse faire un marché avec Dieu, comme semblent le croire certains. Si la loi est encore la note dominante de l'ordre actuel des choses, c'est l'amour spirituel qui sera la note dominante de l'âge à venir.

Aussi, les exercices tels que la Concentration et la Rétrospection ne donneront que de piètres résultats s'ils ne sont pas accompagnés d'actes charitables.

Une maxime mystique affirme : «Tout développement spirituel commence par le corps vital». Le mot-clé du corps vital est la répétition ; c'est le véhicule des habitudes, il est par cela même quelque peu difficile à modifier ou à influencer; mais dès qu'un changement a été apporté et une habitude acquise par la répétition, la pratique de celle-ci devient automatique dans une certaine mesure.

Ce trait caractéristique est à la fois bon et mauvais en ce qui concerne la prière, car l'impression enregistrée dans les éthers du corps vital porte l'aspirant à pratiquer fidèlement ses dévotions à heures fixes, même si la prière, devenue une simple routine, est plus formelle qu'effective.

Max Heindel nous dit :
«Si le corps vital n'avait pas cette tendance à former des habitudes, les aspirants se rendraient compte du danger aussitôt que leur véritable amour s'affaiblit et il leur serait plus facile d'y porter remède et de demeurer sur le Sentier. L'aspirant devra donc s'examiner de temps en temps pour s'assurer qu'il a toujours les ailes et la puissance voulues pour s'élever promptement et sûrement vers son Père des Cieux. Les ailes sont au nombre de deux : Amour et Aspiration sont leurs noms, et l'irrésistible puissance qui les fait mouvoir, c'est un zèle enflammé. Si la prière est convenablement faite et comprend ces trois éléments : Amour, Aspiration et zèle enflammé. Elle constitue la méthode la plus puissante pour la croissance de l'âme».

Si, au moyen de la rétrospection et de la prière nous obtenons le pardon du tort que nous avons fait aux autres et si nous faisons toute réparation possible, si nous purifions notre corps vital en pardonnant à ceux qui nous ont fait du tort et si nous éliminons tout sentiment mauvais, nous nous épargnons bien des souffrances après la mort; de plus, nous ouvrons la voie à la Fraternité Universelle qui dépend particulièrement de la victoire du corps vital sur le corps du désir.

Je termine cet exposé par un conte très court mais que je trouve très profond :

«Un mandarin partit un jour dans l'au-delà. Il arriva d'abord en enfer. Il vit beaucoup d'hommes, attablés devant des plats de riz; mais tous souffraient beaucoup de faim, car ils avaient des baguettes longues de deux mètres et ne pouvaient se nourrir. Puis il alla au ciel. Là aussi, il vit beaucoup d'hommes attablés devant des plats de riz et tous étaient heureux et en bonne santé ; car eux aussi avaient des baguettes de deux mètres, mais chacun s'en servait pour nourrir celui qui était assis en face de lui».

Conférence basée sur l'Enseignement rosicrucien
légué à Max Heindel par les Frères Aînés de la Rose-Croix