Noël et son Message

A150104NoelConférence de Mrs Heindel

Invariablement, à cette époque de l'année, les pensées de l'homme sont tournées vers le Christ et une incitation de donner est éveillée en son cœur. Noël, pour lui, est une période de réjouissance et d’échanges de présents.

La masse est complètement inconsciente de la véritable signification de ce temps joyeux, et il y a dans le monde, même à cet âge éclairé, des âmes qui n'ont jamais entendu parler de notre Christ de l’Occident. Même ceux qui sont peu éclairés répondent à cette pensée de donner, à une incitation intérieure d'amour envers les autres, et le petit enfant parle et rêve du Père Noël, et se réjouit à l'avance de la visite du gros homme généreux, ami de la joie, qui vient par la cheminée, apporter à tous des présents. Magasins et boutiques sortent leurs plus brillants décors, étalent leurs présents les plus tentants.

Noël est une période d’universelle festivité ; l'esprit de générosité anime chacun, juif ou gentil, chrétien ou païen, il est dans l’air que l'homme respire. Qui peut expliquer cette mystérieuse vague qui touche la terre entière ? Le prêtre orthodoxe peut-il donner la véritable interprétation de ce fait par l'histoire de la naissance de l’enfant Jésus ? Cherche-t il même à se rendre compte pourquoi l’infidèle et l'agnostique participent à cette fête avec le même zèle et le même intérêt que le Chrétien ? Pourquoi cette célébration devient plus universelle et plus forte chaque année ? Le christianisme se répand graduellement par tout le globe et n'est plus une religion occidentale mais une religion universelle.

La poétesse mystique Elsa Wheeler Wilcox l'explique dans une de ses poésies : "La religion à venir"

 "Nos pensées moulent des sphères en devenir  
Et, comme une bénédiction ou une malédiction  
Hérauts des années encore sans forme,  
Elles résonnent à travers le monde entier".

Ces préparations pour Noël deviennent de plus en plus populaires, et toutes égoïstes et peu chrétiennes qu'elles sont, la joie qu'elles apportent n'en a pas moins un effet sur la pensée universelle, tout acte d'amour, toute pensée de don ajoutée à sa force, aide à purifier le Corps du Désir de la Terre et apporte la joie à l'esprit emprisonné du Christ.

Pour le bénéfice des lecteurs qui ne sont pas familiers avec ce sujet, et pour élucider la remarque précédente au sujet de l'esprit emprisonné du Christ, nous citerons le passage suivant pris d’un article écrit par Max Heindel dans les Echoes (ancien nom du Rosicrucian Magazine) :

"Avant les 2000 dernières années, Jéhovah avait charge de la Terre qu’il guidait de l’extérieur, à peu près de la même façon que les Esprits-groupes guident maintenant les animaux. Ainsi la Terre est-elle maintenue dans son orbite par son pouvoir, et il fut, jusqu’à cette époque, le Dieu Suprême. Mais au sacrifice du Golgotha, l’esprit du Christ pénétra dans notre planète afin de nous aider à évoluer les facultés que Jéhovah ne pouvait nous donner. Jéhovah nous a donné des lois propres à nous brider, mais le Christ nous a donné l'amour. L’un est une force restrictive du dehors, l'autre, une énergie impulsive qui est appliquée du dedans, et qui subsistera jusqu'à ce que nous ayons appris à vibrer à ce grand attribut : l’Amour, par lequel nous serons capables d’appliquer ce même pouvoir à notre Terre, et la guider ainsi dans son orbite, du dedans".

Le matérialisme, l’agnosticisme, le chrétien et l’humanité en général, font, comme nous l’avons dit, une bonne œuvre par la seule pensée de donner, bien qu’ils soient inconscients du merveilleux travail accompli par la Grande Force Cosmique de l’Esprit du Christ qui entre dans notre Terre de douleur chaque année.  C’est là un sacrifice annuel qui rend la Terre capable de produire afin que l’homme et l’animal puissent se nourrir, Son corps (le grain), Son sang (le raisin) sont offerts à l’homme comme nourriture, mais Sa vie aussi est donnée, afin que l’humanité puisse évoluer spirituellement.

A l’automne, après que la conception immaculée a eu lieu, alors que le Soleil passe par le signe de la Vierge, les forces de la Terre se retirent graduellement jusqu’à la nuit la plus longue et la plus sombre de l’année, La Nuit Sainte. L’Eglise a fixé cette date au 25 décembre, mais au point de vue cosmique, la nuit où le Soleil atteint sa latitude la plus méridionale, est celle du 21 décembre. Alors, le Soleil entre dans le signe du Capricorne et commence réellement la naissance mystique du Soleil qui apporte l’impulsion d’une nouvelle vie, impulsion spirituelle aussi bien que renouvellement physique de toutes les créatures vivantes de notre terre. A l’époque où le Soleil a atteint sa déclinaison la plus méridionale, l’Esprit du Christ, Fils de Dieu, a pénétré le cœur de notre planète de Sa Force, de Sa Vie et de Sa chaleur ; lorsqu’il remonte vers le nord, il envoie cette force à travers la sombre et froide terre, ce qui amène la germination des semences endormies dans le sol. Sans cette nouvelle force vitale, il n’y aurait ni germination, ni croissance.

Lorsque vient l’Equinoxe du printemps (après que le Soleil ait traversé les signes du Capricorne, du Verseau et des Poissons, et atteint le sommet de la Croix Cosmique, qu’il est crucifié et ressuscité), toute cette force vitale qui a été emmagasinée dans la Terre est dégagée et l’Esprit emprisonné du Christ est libéré.

Cette naissance et cette mort sont des évènements cosmiques : en conséquence, le Christ, chaque année, naît de nouveau comme une force présente à jamais et chaque année, consomme de nouveau son sacrifice afin que l’homme puisse vivre. Chaque année a lieu sur terre une inspiration et une expiration de la grande force vitale qui est la Lumière et la Vie du Monde.

On entend beaucoup parler de la venue du Christ, de Son retour dans un corps physique. On se méprend trop fréquemment sur les mots de Sir Edwin Arnold dans "La lumière de l’Asie" :  "Lorsque la vertu et la droiture du monde déclinent et que règnent sur terre le vice et l’injustice, alors vient le Seigneur pour revisiter le Monde sous Sa Forme physique et, par Son influence et Ses enseignements, détruire le mal et l’injustice. Nombreuses sont les fois où Il apparaîtra de nouveau".

Pendant les temps présents d’angoisse et d’inquiétude, lorsque le cœur de l’homme faiblit et que le monde entier est en détresse, que la moralité déchoit et que le péché et le crime sévissent, le Christ doit revenir. Mais le retour de cet Esprit ne sera jamais dans un corps individuel, mais dans le corps de grands hommes qui inspireront le monde, prêcheront Sa doctrine et porteront Son message comme l’ont fait les apôtres de jadis, car Dieu envoie Ses Messagers chaque fois que la vertu et la droiture périclitent et que le vice et l’injustice sont souverains. Ne pouvons-nous pas espérer qu’un nombre d’hommes justes et sages paraîtront et prendront le gouvernement de notre politique actuelle corrompue ? De nos jours, un homme honnête peut à peine être élu, et, s’il vient à l’être, à moins de vendre son âme à Satan et de conformer ses actions aux désirs des politiciens, il est lâchement révoqué.

Pour épurer notre système social, le monde a grand besoin d’hommes et de femmes dévoués qui possèdent, fermement ancré en eux, le principe du Christ, afin d’établir un système moral qui encouragera les gens à marcher sur leurs pas, à trouver une méthode plus chrétienne de prendre soin de nos pauvres frères en humanité, les criminels, et aient la force de caractère et la détermination de tenir bon pour le droit, en dépit de toute opposition et de tout dénigrement.

Il y a eu de grandes âmes qui ont possédé ces qualifications et ont osé faire face au mépris et aux persécutions des hommes. Bouddha qui est aujourd’hui l’inspiration de l’Extrême Orient, Lao-Tseu vers lequel les Chinois se sont tournés pour les guider, Confucius autre sage de la Chine (5ème siècle avant J. C), Pythagore vers la même époque, Platon (4ème siècle avant J. C) ont été des initiés aux profonds mystères de la vie de l’être. Ils ont été envoyés sur Terre pour instruire les hommes d’une philosophie propre à les mettre sur la voie de la nouvelle ère pointant à l’horizon des temps. Le vieux monde aryen tombait en poussière, et ces grandes âmes ont préparé le sol et on répandu les semences qui devaient germer dans l’âge des Poissons. La Terre était, à cette époque, dans un état d’iniquité comparable à celui d’aujourd’hui.

La Terre, par précessions des équinoxes, est maintenant à 600 années environ de son entrée dans le signe du Verseau et nous pouvons nous attendre à des évènements du même genre. Le Christ, derechef, marchera en esprit parmi nous, inspirant de grandes âmes à prêcher le Royaume à venir, afin de préparer l’humanité aux changements inhérents à l’introduction de l’âge avancé de l’air et de l’électricité, de la nouvelle terre de Jean l’Evangéliste : "Et je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre n’existaient plus" (Apocalypse 21.).

Pour être capable de reconnaître ces apôtres et ces prophètes, de prendre contact avec eux et, selon le désir de notre esprit de les aider à faire connaître le Nouvel Age, il faut que le Christ enfant naisse dans notre cœur. Nous devenons des instruments appropriés pour cette tâche, par un amour désintéressé envers nos semblables et un vif désir de servir, notre esprit restant toujours en alerte dans sa recherche des réalités éternelles. L’opportunité de devenir ambassadeurs du Christ, dans l’esprit est le pouvoir souverain derrière tout progrès, tant physique que spirituel, est présentée à tous. Mais si nous préférons la vie et que, délibérément, nous restions dans les ténèbres et cherchions les plaisirs d’une existence charnelle, lorsque nous rencontrerons ces instructeurs spirituels, nous manquerons de les reconnaître, et un esprit de critique et d’antagonisme nous animera contre eux. Le monde n’est que trop enclin à persécuter ces ambassadeurs de l’Esprit ; consultez plutôt l’Histoire, plusieurs ont payé de leur vie le courroux de ceux qui ont été incapables de reconnaître leur grandeur et la sublimité de leur tâche.

Chercher la perfection dans ces personnages est dangereux. Si les Seigneurs de la Destinée devaient ne se servir que de parfaits instruments pour accomplir leur œuvre, le progrès courrait le risque de rester dans le statu quo. Par exemple, notre grand Socrate, un des plus grands philosophes qui n’ait jamais existé, était peu avenant, sarcastique et satirique, ce qui ne l’empêchait pas d’être un grand esprit. Si nous devions juger de ses enseignements par son apparence et par sa personnalité, nous les rejetterions avec empressement.

 "Dieu demeure dans une lumière loin de la portée humaine.  
Mais deviens cette lumière et tu le verras alors".  
Angélius Silesius

 Conférence basée sur l'Enseignement rosicrucien  
légué à Max Heindel par les Frères Aînés de la Rose-Croix.