1. Christian C
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  3. lundi 11 novembre 2019
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Voici un livre audio "Vania, le Renaissant" que je viens de terminer.
Il s'agit de l'histoire d'un moine orthodoxe russe à la renaissance, peintre d'icône, partant en quête de la peinture de la renaissance et de Sa renaissance. Plusieurs sujets rosicruciens y sont présentés à la lueur de ma compréhension actuelle des enseignements rosicruciens.
Je serais heureux de vos retours, de vos réactions commentaires, objections. Je ne suis pas contre non plus d'un petit coup de main pour faire connaître ce livre audio s'il vous a plus !
C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour parler des enseignements...
Vania le Renaissant

Vous pouvez aussi écouter "Peshan, Fils du Vent" Peshan, Fils du Vent
et aussi Ayam, Fils du désert
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Voici un livre audio https://www.youtube.com/watch?v=lfIlzsatezA&feature=youtu.be "Un orphelin au monastère"

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et aussi Ayam, Fils du désert
  1. il y a plus d'un mois
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  3. # 1
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"La Rose m'a dit / La multiplication des pains".
La multiplication des pains
Emmanuel était transit dans cette après-midi hivernale où il tournait la manivelle de cette machine à faire des marrons chauds. Les passants ne semblaient pas pressés de lui en acheter, la foire allait d’ailleurs bientôt se terminer. A chaque coup de manivelle, Emmanuel pensait qu’il multipliait les marrons, et ça le faisait beaucoup rire. En tout cas, ceux-ci prenaient de la vitesse dans la roue, sous les rires d’Emmanuel. Cette nuit là, il ne se fit pas prier pour s’endormir. Il fit un rêve étrange. Un vieux guérisseur se tenait devant la porte de son cabinet, la salle d’attente étant bourrée à craquer. Emmanuel songea que cet homme devait être bien stressé devant la tâche qu’il lui restait à accomplir pour la journée. Mais non, le guérisseur ouvrait la porte de la salle d’attente toujours avec autant de calme, il invitait le suivant calmement à entrer dans son cabinet. Et ainsi de suite, les patients étaient pris un par un avant la nuit. Emmanuel se rendit compte qu’il était le dernier patient dans la salle d’attente. A son tour il entra dans le cabinet et s’empressa de demander au guérisseur comment gardait-il son calme et sa force après ce défilé interminable. Le guérisseur lui répondit qu’il n’y avait que lui à cet instant, qu’il ne voyait pas de quoi Emmanuel parlait. Puis la vision du guérisseur se dédoubla à la vue d’Emmanuel. Il ne dormait plus, c’était bien une vision et non un rêve qui se déroulait devant ces yeux. Il y eut deux guérisseurs, puis quatre, puis huit, puis seize, puis une infinitude, et enfin, tout changea. Un homme vêtu d’une tunique blanche se tenait au milieu d’une foule. Il sortait du pain et du poisson d’un panier, et le panier ne semblait jamais se vider. Toute la foule fut nourrit, du contenu d’un tout petit panier.
Emmanuel reprit son travail dans la foire, tournant la manivelle, et jouant avec un certain plaisir à multiplier les marrons. Il sifflait à chaque tour de manivelle, une note, une seule. Puis deux notes égales par tour de manivelles, puis 4, et plus il divisait, plus dans son jeu il multipliait. Ce jour là, personne ne vint lui acheter de marrons, mais pourtant, il avait nourri toute la foule !
  1. il y a plus d'un mois
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  3. # 2
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""La Rose m' a dit" / Le puits de Jacob
Emmanuel se trouvait au bord de la vasque d’eau, dans la grotte, bercé par le goute à goute de la source intarissable. Il aimait se tenir là, comme depuis ses 15 ans, où il avait échappait à la garde des sœurs de l’orphelinat, lors d’une ballade dans les collines de la belle Provence. Se cachant dans une grotte, il avait trouvé ce trésor, à un endroit où l’eau était si rare. Il s’était établi non loin de la grotte dans une cabane construite de bric et de broc, avait fait un potager qui n’avait pas manqué de troubler les gens du village. Mais comme il les laissait tranquille, ils en faisaient de même. Il s’était construit dans la sécheresse des cœurs dans une répétition immuable de gestes rythmés par les saisons.
Il était aujourd’hui soucieux car on l’avait sollicité au sujet de l’eau. Quelques voisins étaient venus lui demander où se trouvait sa source, car la sécheresse avait tari tous les puits. Il craignait de parler afin d’éviter que toute la région vienne à sa source secrète.
Il s’endormit cette nuit là sur sa couche faîte d’une pauvre toile de jute rempli de paille.
Des hommes d’un autre temps couraient à la file indienne autour d’un immense cercle couleur terre, avec en son centre une pelouse d’un vert radieux. Tout autour du cercle, une masse d’hommes en furie. Soudain, parmi le groupe d’hommes épuisés par la course, un homme semblait vigoureux et se touchait la poitrine. Il fait des gestes tout en courant à en montrant sa poitrine. Son pas devenait d’instant en instant plus léger, et il ne tarda pas à laisser derrière lui le groupe fatigué. Quand les coureurs arrivèrent à se qui semblait être la fin de la course, l’homme avait déjà depuis longtemps passé la ligne d’arrivée. Il faisait maintenant un tour de plus sous les acclamations de la foule en délire. Il n’avait pas ralenti, même accéléré, au contraire. Il ne s’arrêta pas après ce premier tour de triomphe, mais en entama un deuxième, puis un troisième. Des gens inquiets se mirent à courir vers lui pour l’arrêter, mais lui, montrant sa poitrine, semblait demander à ce que l’on le laissa continuer. Il fut bloqué à un moment donné. Et le rêve s’arrêta. Au réveil, Emmanuel se senti un peu différent de l’accoutumée. Assez enjoué. Il alla trouver ses voisins immédiats et leur révéla l’entrée de la source. Ceux-ci vinrent avec des mules chargées de récipients divers. Et toute la région vint se servir. La vasque d’eau finit par se tarir elle aussi. Emmanuel alla se coucher à l’heure de la sieste, une cruche d’eau rempli de petits papiers. Il en commença la lecture. Les gens de la région s’étaient concertés pour laisser sur un petit mot de remerciements tout ce qu’ils savaient sur l’histoire d’Emmanuel, de sa famille, de sa lignée. Toute une connaissance précieuse en échange de l’eau de sa source secrète…Emmanuel s’endormit le cœur heureux.
Un homme en tunique blanche, épuisé, s’approchait d’un puits où une femme recouverte jusqu’à la tête remontait pour lui une outre du puits. L’homme s’assit sur la pierre du puits et au lieu de boire se mit à parler à la dame qui lui tendait l’eau. La dame était comme soulagée, nourrit par les paroles de l’homme. Elle semblait si gaie en quittant le puits, qu’elle courrait comme courent les enfants qui ont dans la tête quelque chose à faire. Et Emmanuel se réveilla. Une douce sensation de source désaltérante coulant dans sa poitrine. Il alla heureux à sa source. La vasque d’eau s’était à nouveau remplie pendant la nuit.
  1. il y a plus d'un mois
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  3. # 3
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"La Rose m'a dit" / Le sermon sur la montage
Emmanuelle ne savait jamais quoi penser. Ces collègues de travail étaient remontés comme à l'accoutumée par un problème de société dont la solution paraissait si simple. Pourtant, bien qu'elle comprenait les arguments de ces collègues, elle portait en elle une conception diamétralement opposée, bien incompatible avec la discussion. Il en était tout le temps ainsi, pour toute chose, deux points de vue opposés s'affrontaient dans son mental. Sa vie était un paradoxe brûlant. Elle s'était couchée portant beaucoup d'amertume, fatiguée de son combat quotidien. Le sommeil la pris par surprise. Soudain, un homme, vêtu d'une tunique longue, perché en haut d'une colline, s'adressait à une foule diverse et bigarrée. Elle ne parvenait pas à entendre ce qui se disait, mais elle ressentait dans son coeur une grande consolation. Un mot se présentait à son mental, d'une manière insistante, en lettre de feu. Bienheureux. Le lendemain, elle ouvrit sa vieille bible et chercha le passage du sermon sur la montagne. Bienheureux les pauvres... Et la même consolation se déposait en son sein à la lecture de ce que son mental considérait comme des paradoxes. Elle songea que la dualité qui l'habitait fondait comme neige au soleil si elle savait porter en elle la consolation pour toutes choses.
  1. il y a plus d'un mois
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  3. # 4
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"La Rose m'a dit" / L'enfant et les docteurs du temple
Ce soir là, Emmanuel regardait les étoiles. Le même mystère s’imposait à sa vue. Il songeait à tout ce qu’il avait appris à l’école à ce sujet, les années lumières, les galaxies, l’univers, les super novas, les trous noirs. Soudain, une pensée sourde semblait toquer à son mental. « Rien de tout cela est vrai. Tu connais la Vérité. » C’était venu comme une évidence, et il l’avait accueilli sans trop d’effrois. Il était rentré, avait sorti son cahier de brouillon, et avait écrit tout ce qu’il n’avait jamais soupçonné savoir sur l’univers. Il ne jugeait pas, se contentait de prendre note de ce qu’il savait. Epuisé par ce travail fastidieux, Emmanuel s’endormit sur la table de son bureau, la joue posée sur son cahier.
Il y avait un enfant et un maître. Ils étaient vêtus de robes pourpres, et s’entretenaient dans une pièce froide, sous un hiver rigoureux et neigeux d’un pays de montagne. L’enfant posait des questions, et le maître répondait. L’enfant avait milles questions et le maître avait une réponse pour chacune d’elle. L’enfant s’endormit lui aussi après une longue journée d’étude.
Il y avait un très jeune enfant qui semblait avoir échappé à ses parents, comme on échappe au monde, qui enseignait des prêtres dans un temple. L’enfant parlait avec autorité et les prêtres écoutaient. Deux mondes en eux semblaient s’entrechoquer. Puis soudain, l’on vit un temple. Les pierres du temple se disloquaient comme les certitudes des prêtres. L’enfant prenait les mêmes pierres, et reconstruisait le temple, sous leur yeux ébahies, mais le nouveau temple surpassait le premier en grandeur, en simplicité, et en beauté.
Emmannuel se réveilla en sueur. Se rendit dans le lit de sa maman qui lui fit une place avec amour, et, dans ce lit maternel, il songea à ses rêves étranges, et se promit qu’il continuerait toute sa vie l’écriture de son cahier de brouillon.
  1. il y a plus d'un mois
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"La Rose m'a dit" / L'enfant aux oiseaux
Emmanuel attendait se sixième noël avec une impatience fiévreuse. Les jours défilaient si lentement. Cette année, c’est sûr, il verrait le père Noël ! Il lui apporterait les cadeaux tant attendus qu’il avait commandé. La nuit de Noël venu, il guetta l’arrivée du père Noël une bonne partie de la nuit. Mais hélas, il finit par s’endormir, ce qui ne fut pas si grave, car, devant ses yeux, un père noël vert déposait des cadeaux au pied du sapin. Il était comme il l’avait toujours imaginé, bien que la couleur le surpris.
Il avait sondé les étoiles et s’était dit que la naissance d’un enfant sous de tels hospices entraînerait un bien grand destin. Le sommeil avait finit par l’arracher à ses méditations, et il rêvait, occupé qu’il était à convaincre le roi d’abandonner un projet hasardeux. Et soudain, se retrouva dans une étable. Un enfant était posé là, dans une mangeoire, un chant céleste lui servant de berceuse. Il se senti comme ravi au ciel, en adoration devant ce bébé si vulnérable, à la force si tranquille. Il ressenti alors le besoin de lui offrir un présent en retour. Il se mit à chanter sur un « A », un « A » rempli d’amour et de vénération, de l’or ruisselant de sa voix, à son grand étonnement. Deux autres hommes étaient eux aussi en adoration devant l’enfant. C’était comme deux autres lui. Bien qu’ils étaient habillés sensiblement différemment, il reconnu des mages à la différence de peau, et pourtant le sentiment qu’il s’agissait de d’autres lui-même était évident. Le deuxième mage chanta un « I » avec amour et révérence, et une délicieuse senteur d’encens de rose envahit le lieu. Le troisième mage entonna un « Ou » plein d’amour et de révérence, et l’équivalent de l’or et de la rose naissait dans la bouche en un gout exquis d’huile merveilleuse. Il y avait eu un échange de cadeaux, entre l’enfant et les mages. Une même énergie avait nourrit les mages, était ressorti d’eux et avait enveloppé l’enfant. Une sainte circulation sans perte de vie. Emmanuel se réveilla, étonné de tous ses rêves, et couru frénétiquement vers le sapin. Le père Noël était passé, et de beaux cadeaux étaient posés au pied de l’arbre.
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La Rose m'a dit : L'Adoration des Mages
Emmanuel attendait se sixième noël avec une impatience fiévreuse. Les jours défilaient si lentement. Cette année, c’est sûr, il verrait le père Noël ! Il lui apporterait les cadeaux tant attendus qu’il avait commandé. La nuit de Noël venu, il guetta l’arrivée du père Noël une bonne partie de la nuit. Mais hélas, il finit par s’endormir, ce qui ne fut pas si grave, car, devant ses yeux, un père noël vert déposait des cadeaux au pied du sapin. Il était comme il l’avait toujours imaginé, bien que la couleur le surpris.
Il avait sondé les étoiles et s’était dit que la naissance d’un enfant sous de tels hospices entraînerait un bien grand destin. Le sommeil avait finit par l’arracher à ses méditations, et il rêvait, occupé qu’il était à convaincre le roi d’abandonner un projet hasardeux. Et soudain, se retrouva dans une étable. Un enfant était posé là, dans une mangeoire, un chant céleste lui servant de berceuse. Il se senti comme ravi au ciel, en adoration devant ce bébé si vulnérable, à la force si tranquille. Il ressenti alors le besoin de lui offrir un présent en retour. Il se mit à chanter sur un « A », un « A » rempli d’amour et de vénération, de l’or ruisselant de sa voix, à son grand étonnement. Deux autres hommes étaient eux aussi en adoration devant l’enfant. C’était comme deux autres lui. Bien qu’ils étaient habillés sensiblement différemment, il reconnu des mages à la différence de peau, et pourtant le sentiment qu’il s’agissait de d’autres lui-même était évident. Le deuxième mage chanta un « I » avec amour et révérence, et une délicieuse senteur d’encens de rose envahit le lieu. Le troisième mage entonna un « Ou » plein d’amour et de révérence, et l’équivalent de l’or et de la rose naissait dans la bouche en un gout exquis d’huile merveilleuse. Il y avait eu un échange de cadeaux, entre l’enfant et les mages. Une même énergie avait nourrit les mages, était ressorti d’eux et avait enveloppé l’enfant. Une sainte circulation sans perte de vie. Emmanuel se réveilla, étonné de tous ses rêves, et couru frénétiquement vers le sapin. Le père Noël était passé, et de beaux cadeaux étaient posés au pied de l’arbre.
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La Rose m'a dit : La naissance à Bayt Lham
Emmanuel, oisif, arpentait le jardin de son grand père, sans aucun but précis, passant le temps. Il n’y avait rien à faire pour un petit garçon de 9 ans dans cette vieille masure du Béarn, alors, il traînait, aux aguets, prêt à se laisser tenter par la moindre sollicitation.
Un mur en pierre sèche l’invita à l’escalade. Arrivé en haut du mur, il s’assit. Une douce impression de voir les choses de hauts, la chaleur des pierres, le soleil implacable l’enivra délicieusement. Il était bien, dans la paix, et ne s’était jamais senti aussi heureux. Il ne quitterait plus jamais ce mur, cadeau d’éternité. Ainsi, la rêverie l’envahit au point qu’il se mit à rêver. Il était sorti respirer l’air de la nuit, laissant la chaleur tiède de la bergerie, nourrit des vapeurs de sommeils des bêtes endormis. L’air était vif sous la nuit étoilée, mais il s’était couvert et n’avait pas froid. Il était là, accoudé au tonneau, plongé dans une méditative rêverie. Soudain, il y eut comme un bruit de moustique, ce qui était bien étonnant en cette nuit d’hivers, si proche du solstice. Non, ce n’était pas un moustique, le son se précisait d’ailleurs. Il y avait un chœur. Pourtant, il était seul. Le chœur était dans sa tête. Un chant de louange avec des trombones résonnaient glorieusement. Et une source d’eau vive coulait dans son coeur. Il était heureux. Une paix magnifique l’envahissait, comme ravi au ciel. La musique s’estompa jusqu’à disparaître. Mais l’état de béatitude le berça toute la nuit. Il ne retourna pas se coucher, profitant du bonheur.
Non loin de là, dans une étable, un enfant était né. Dans une mangeoire, réchauffé par l’haleine d’un âne obstiné et d’un boeuf tranquille, une force invisible se répendait inexorablement de ce souffle paisible, attisant le feu tranquille de l’âme du monde.
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"L'odyssée d'un terrien"
L'odyssée d'un Terrien
L’Odyssée d’Emilio
Emilio se tenait sur la fougère géante, posé là où il avait toujours été, comme une extension de la plante. Il ne lui restait plus qu’à se détacher d’elle, mais rien ne l’y invitait car Emilio dormait d’un sommeil profond sans rêve. Il avait bien un corps parfait, un corps d’homme idéal, mais sur des plans tellement subtils…Non, Emilio était dans une léthargie profonde, totalement inconscient d’être là.
Quand Emilio commença à rêver, il se détacha de la fougère pour se déplacer afin de se nourrir. Son rythme était très lent car il transportait sa maison sur son dos. Quelque chose de son être spirituel s’étant cristallisé, il portait à l’extérieur de lui-même ce qui lui servait d’abri. Un jour, il trouva plus pratique de mettre cette petite structure à l’intérieur de lui et en fit son squelette. Emilio ne faisait pas grand-chose, il se déplaçait tranquillement sur sa fougère, sans y penser, et s’arrêtait ici ou là pour manger, sans le savoir. Car Emilio n’était pas à ce qu’il faisait. Il rêvait, et sa vie intense était dans ses rêves. Par exemple, voyait-il un morceau de la fougère aux couleurs plus vive l’appeler, qu’il volait immédiatement se jeter dans ce bain de couleur, en un instant. Il répondait à des impulsions simples, des incitations qui se présentaient à lui. Sa vie de rêve devint de plus en plus complexe. Il battit des villes, des avions, des fusées, livra maintes batailles, tout cela en rêvant. Et au fur à mesure qu’il rêvait, il se construisait un corps de plus en plus élaboré. Emilio alors ne vivait plus sur sa fougère, non, il avait colonisé la terre entière, s’était accouplé, lui qui jusqu’alors s’enfantait lui même. Il été né d’un œuf, puis, était né de la sueur, avait appris à ramper, à voler même. Il avait tété sa maman, mangé son frère, tout en n’étant pas à ce qu’il faisait, la tête dans ses rêves, répondant à des instructions et des incitations toujours plus fortes.
Un jour, Emilio avait posé son regard là où il ne regardait que très rarement. Comme il en avait l’habitude, il avait vu un halo de lumière, tamisé par l’épais brouillard, mais cette fois-ci, sa vue semblait s’habituer, et il commençait à distinguer clairement des images qu’il pouvait toucher, prenant conscience de leur goût, ainsi que de toutes leurs autres caractéristiques physiques.
Ce fut le temps pour Emilio de se fabriquer des poumons, car l’épais brouillard disparaissant peu à peu, le taux d’eau dans l’air diminuant, ses branchies devenaient peu à peu inutiles. La lumière de ses visions devint tellement claire, que le jour, il fonctionnait dans les nouvelles images, et la nuit il retournait aux anciennes images.
Emilio, commença alors à freiner ses instincts, ce qui eut pour effet de nouveaux phénomènes étranges. Sa volonté faisait jour, faisant naître des images dans sa tête. Non pas comme quand il rêvait, ni comme quand il voyait le monde physique, non, c’était fugace et lumineux, et c’est lui qui appelait ces images. Par exemple, ayant soif, il faisait apparaître dans sa tête l’image de la cascade, et il s’y rendait en sautillant, tout guilleret.
Alors Emilio perfectionna ce nouveau talent jusqu’au jour où il pensa aussi des sons, et les prononça. Très vite, il fut capable de visualiser une chose, d’y mettre un son dans sa tête, et de le prononcer avec sa voix. Emilio pensait, parlait, chantait, dansait. Emilio était devenu un créateur. Il ne se rappelait plus les cités, les batailles de ses anciens rêves, mais une force étrange le poussait dans ses actions à tendre toujours vers elle, comme si ces anciens rêves le stimulaient inconsciemment. Aussi, il construisit des villes en dur, des cités solides, livra des batailles sanglantes. Et à chaque fois le résultat était différent un peu de ses anciens rêves. Les villes, pour des raisons pratiques n’avaient pas exactement la même architecture, les machines ne fonctionnaient pas exactement pareil, surtout que le monde était devenu de plus en plus dense, de plus en plus dur, de plus en plus lourd. Emilio était retombé dans les mêmes guerres, mais peu à peu, il avait réussit à en éviter certaines. En fait, bien qu’inconsciemment stimulé à l’action, Emilio parvenait de manière volontaire à contrer ses pulsions naturelles, un nouveau sentiment étant né qui devait changer radicalement le cours des choses. Il aimait. Il avait commencé par aimer ses enfants, puis sa tribu, son pays, et cet amour devait s’étendre au fil des âges à toute chose.
Emilio trouva comment perfectionner sa pensée afin de créer des rêves, aussi bien qu’avec les machines qu’il avait finit par imaginer à cette fin. Ainsi, les anciens rêves se représentèrent à l’état de veille sous une nouvelle forme, dont il avait le contrôle. Il pouvait ainsi évoquer devant sa vue intérieure des scènes tout aussi vivantes que celles du monde physique. Emilio avait appris à réaliser des projets qui étaient viables, aussi, savait-il quand une idée était bonne ou mauvaise, quand elle était réalisable ou non, et il l’ajustait au monde physique. Aussi, Emilio se déplaça de moins en moins, dormit de plus en plus, rêvant avec lucidité et maîtrise. Bientôt, il n’eut plus l’intérêt d’un corps physique distinct, aussi, la terre elle-même finit par lui suffire comme véhicule physique.
Il dirigea la densité de la terre, sa trajectoire dans le cosmos, de l’intérieur, et créa des rêves merveilleux, des mondes et des mondes de rêves, finissant par donner la vie à une série d’êtres qui comme lui allaient commencer le grand odyssée de la vie. Uni à tous, et pourtant lui-même, Emilio, de l’intérieur de la terre était devenu un créateur uni au créateur.
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