Conte de Noël

A150131ContesRose-CroixFilleMalheureuseC’est l’histoire d’une petite fille qui était malheureuse parce qu’elle se croyait toute seule.

Elle ne pouvait pas parler comme les autres, mais pourtant, tout lui parlait autour d’elle ! Tout était si grand, si fort, si dur. Quand elle essayait de le dire, elle le disait trop fort, avec ses mains, avec sa tête, comme elle pouvait.

Personne ne comprenait, c’est si facile quand on peut parler. Elle ? Elle avait trop peur !  Parfois, elle allait voir un magicien. Il fallait voler dans les airs, puis partir dans la montagne. Là bas, les arbres souriaient, elle croyait s’envoler au dessus des nuages sur une balançoire magique. Là bas, elle entendait parfois une petite fille chanter, si bien ! La voix semblait venir de la montagne, elle l’entendait seulement quand elle était en paix, que sa gorge se desserrait et que le vent passait librement au travers des branches.

C’était vraiment un drôle d’endroit ... Les poupées et les jouets bougeaient tout seuls. Il y avait toujours quelque chose de nouveau à voir ! Mais surtout, elle y entendait la musique, elle la voyait aussi sortir des doigts abîmés du magicien. On pouvait chanter tous ensemble, la paix et la lumière ...

Ce soir là, elle avait eu encore plus de mal à s’endormir. Elle avait encore peur que la lumière ne revienne pas. Le magicien lui avait dit pourtant ; tous les matins le soleil se lève : toujours ! Et pourtant, cette nuit là elle doutait, tout semblait être arrêté, comme dans l’attente ...

Elle ne savait pas comment elle s’était retrouvée devant cette porte grande ouverte, mais y avait-il une porte ?

Il était si difficile de voir avec cette forte lumière. Le magicien l’attendait, lui prit la main, ils entrèrent ...

« Je n’ai jamais vu d’endroit comme celui là et pourtant, il a quelque chose de familier » pensa-t-elle ...

La lumière semblait venir de partout, comme la chanson de la petite fille dans la montagne. En observant mieux, avec ses yeux grands ouverts elle vit qu’elle rebondissait sur les murs, mais aussi sur les amis qui étaient là. Il lui semblait tous les connaître. Quel bonheur ! Tous comprirent sans qu’elle ait eu besoin de parler, qu’elle voulait voir d’où venait cette lumière. Ils s’écartèrent et la guidèrent doucement en avant ...

La foule était innombrable et quelle musique ! Exactement ce qu’elle préférait : pas de cris, ni de bruits étranges qui se mélangent. La musique coulait comme de l’eau, doucement, doucement, puis reprenait plus fort et plus vite quand tous chantaient. La musique suivait la lumière ! Elle, elle avait l’habitude de voir cela, mais en de courts instants. Par moment, comme des oiseaux, ils passaient dans le ciel en offrant leur voie si fragile et pourtant si forte.

Elle n’avait jamais vu d’enfant si petit ! Ses mains, surtout ses mains ! Il ouvrit les yeux. La lumière venait bien de là, de ses yeux, des yeux de l’enfant. Elle comprit que comme elle, il ne pouvait pas parler, elle répondit à son regard comme elle savait le faire quand elle était heureuse. Maintenant, elle était sûre, pas de doute, elle n’aurait plus peur, elle ne serait plus seule. Car en se réveillant, elle avait compris qu’il suffisait qu’elle ferme les yeux en y pensant très fort pour revoir les yeux de l’enfant.

« La lumière » disait la musique, « va toujours vers la lumière ! ... »