Dieu Tient Ta Main

A150131ContesRose-CroixDieuTientTaMainHistoires de l'Ere du Verseau pour les Enfants
Vol. I, n° 20

Le Soleil matinal marqua dans le ciel l'heure de l'école. Il envoya ses messagers aux enfants de la Terre. Un rayon brillant se hâta d'entrer dans la chambre de Margy Lou, se posa sur son visage et la réveilla. En ouvrant doucement les yeux, elle remarqua le rayon filtrant à travers une fente du store, telle une échelle dorée s'élevant vers les cieux.

"Margy Lou, Margy Lou ! C'est l'heure de te lever". C'était sa maman qui l'appelait. Margy ne répondit pas ; elle était plongée dans l'observation des particules qui dansaient dans le rayon de lumière.

Quelques minutes plus tard, sa maman l'appela à nouveau : "Margy Lou, Margy Lou ! Tu ferais mieux de te lever maintenant où tu vas être en retard à l'école".

A ce mot ÉCOLE, le cœur de Margy se mit à battre. Elle se souvint que c'était le jour où ils devaient réciter le poème "L'heure des enfants". Elle aimait la poésie et surtout les poèmes de Longfellow, mais elle avait peur de réciter devant les garçons et les filles.

A cette pensée, sa gorge se serra et commença à la faire souffrir. Elle allait dire à maman qu'elle ne se sentait pas bien. Peut-être la laisserait-elle rester à la maison. Ainsi, elle n'aurait pas à réciter le poème.

Madame Bond entra dans la chambre. Margy ne bougea pas. Sa mère s'approcha de son lit. "Que se passe-t-il, Margy ? Pourquoi ne te lèves-tu pas ?".

"Oh, maman, j'ai mal à la gorge". Margy y porta les mains. Madame Bond examina la gorge et trouva les amygdales gonflées de chaque côté. Toutefois étant une mère avisée, elle décida qu'il valait mieux cette fois ignorer ces symptômes. Elle dit : "Je ne pense pas que ce soit grave. Cela va probablement passer le temps que tu arrives à l'école. Lève-toi, maintenant et prépare-toi. Ton petit déjeuner sera prêt dans quelques minutes". Puis elle quitta la chambre.

Margy se leva. Elle comprit que sa mère n'accepterait pas cette fois-ci, le mal de gorge comme excuse pour rester à la maison. Elle fut bientôt habillée et prête pour le petit déjeuner. Mais elle pensait tellement à l'épreuve à venir qu'elle n'éprouva aucun appétit pour le chocolat chaud avec des toasts grillés qu'elle aimait tant d'habitude. Elle mangea un peu afin que sa mère ne se fasse pas de souci, mais ne toucha pas aux céréales.

Puis elle prit ses livres et partit pour l'école. Habituellement, elle appréciait le trajet, mais aujourd'hui chaque pas la rapprochait du moment de la récitation. Finalement, elle inclina la tête et pria tout en marchant : "Mon Dieu, aidez-moi à réciter le poème. Aidez-moi à ne pas avoir peur". De demander à Dieu de l'aider la fit se sentir mieux, et en relevant la tête, elle vit devant elle, à terre, quelque chose de rond, brun et brillant.

Elle s'arrêta et le ramassa. C'était un marron d'Inde. Margy savait pourquoi il était si brillant. Quelqu'un l'avait gardé longtemps dans sa poche, probablement pour guérir des rhumatismes, comme le disait son oncle Jim.

Elle le tint dans sa main et le regarda. Comment ce marron pouvait-il vraiment chasser les rhumatismes ? C'était sans doute parce qu'on y croyait. Alors, elle vit Thelma et Lucile lui faisant signe de se presser, elle glissa donc le marron dans la poche de sa robe et courut les rattraper.

Enfin l'heure de la poésie arriva. Thelma fut la première à réciter. Elle parla sans le moindre signe de peur. Margy savait le poème aussi bien que Thelma. Elle se demanda pourquoi elle ne pourrait pas réciter comme elle. Deux garçons vinrent après Thelma. Margy commença à se sentir agitée, sachant que son tour approchait. Finalement, la maîtresse sourit et dit : "Tu es la prochaine, Margy Lou".

Margy avança avec hésitation vers le bureau. Elle n'osait pas regarder les garçons et les filles, aussi garda-t-elle les yeux au sol. Elle essaya de parler. Ses lèvres remuèrent, mais pas un son ne vient. Sa gorge la fit souffrir. Ses genoux tremblèrent. Inconsciemment, elle mit la main dans sa poche. Quelle était cette chose dure que ses doigts touchèrent ? Oh, oui, le marron d'Inde qu'elle avait ramassé. Elle le serra fortement dans sa main en essayant de parler à nouveau.

A sa grande surprise, les mots à présent sortirent clairement. Elle leva les yeux et regarda les enfants. Elle récita le poème sans faute. Margy retourna très contente à sa place, mais les compliments de la maîtresse ne furent pas la cause de sa joie. Quelque chose lui était arrivée. Elle n'avait pas eu peur de réciter tant qu'elle avait tenu le marron d'Inde dans sa main. Peut-être, après tout, qu'il guérissait les rhumatismes, pensa-t-elle. De toute façon, elle allait garder ce marron d'Inde, et la prochaine fois qu'elle aurait peur de réciter, elle verrait s'il allait l'aider.

Ainsi, pendant plusieurs mois, Margy n'eut plus la gorge enflée. Lorsqu'elle avait une leçon difficile, elle tenait le marron magique dans sa main et récitait bien. Mais elle ne parla à personne de ce marron. Elle fit toujours attention de le cacher soigneusement en revenant de l'école.

Puis vient l'épreuve de l'Histoire. Margy n'avait jamais appris facilement l'Histoire. Elle se promit de prendre le marron d'Inde afin qu'il l'aide pendant cette épreuve. Juste avant de partir pour l'école, elle le chercha dans le petit coin du tiroir où elle le cachait. Il n'y était pas. Elle chercha dans sa chambre, mais ne trouva pas son marron. Elle avait dû le laisser dans la poche de sa robe bleue, le vendredi écoulé. Elle allait demander à sa maman si elle l'avait trouvé.

 Madame Bond était en train de repasser. "Maman, as-tu vu mon marron d'Inde ?" demanda la petite fille.

• "Comment, ah oui, j'en ai trouvé un hier en lavant".
• "Oh, mon Dieu ! Qu’en as-tu fait ?" demanda Margy avec angoisse.
• "Je l'ai jeté, chérie" répondit sa maman.
 Alors, Margy s'écria : "Tu as jeté mon marron ! Que vais-je faire, que vais-je faire maintenant ?".
• "Et bien tu en trouveras un autre, la prochaine fois que nous irons chez Oncle Jim, ma chérie. Deviendrais-tu superstitieuse ?".
• "Mais je n'en veux pas un autre. Je veux celui-là" et Margy se mit à pleurer.
• Madame Bond reposa le fer, mit son bras autour de Margy et étendit celle-ci sur le divan. Puis elle dit : "Maintenant, dit à maman ce qui se passe. Est-ce quelqu'un que tu aimes beaucoup qui t'avait donné ce marron ?".
• "Non, je l'avais trouvé" sanglota Margy.
• "Peux-tu me dire pourquoi il a tellement d'importance pour toi ?" demanda Madame Bond. Je l'aurais gardé si j'avais su que tu y tenais, poursuivit-elle en la consolant.

Peu à peu, sa mère apprit de Margy toute l'histoire : comment lorsqu'elle avait tenu le marron dans sa main, elle avait pu réciter sans peur et avait pu apprendre ses leçons facilement.

Alors, Madame Bond dit : "Margy Lou écoute-moi. Ce petit marron était rempli de VIE ; nous savons qu'il contenait la VIE, puisque si nous l'avions planté, il aurait poussé. N'est-ce pas ? Maintenant, sache que la Vie dans ce marron était Dieu. Lorsque tu tenais le marron dans ta main, tu tenais vraiment la main de Dieu, car la main de Dieu est partout. Il nous tient toujours la main afin que nous n'ayons pas peur, mais quelque fois nous ne savons pas qu'IL le fait. Ainsi, tu sauras maintenant que Dieu te tient la main. Lorsque tu as peur ou penses que tu ne sauras pas tes leçons ou ne pourras pas les réciter, souviens-toi que tu peux tenir la main de Dieu en pensée. Alors tes deux mains seront libres pour tout ce que tu auras à faire. Ne penses-tu pas que ce sera mieux que d'avoir toujours à chercher un marron et à faire attention de ne pas l'égarer ?".

"Oui", dit Margy pensivement, "je le crois. Mais, maman, je ne peux sentir Dieu me tenir la main, comme je peux sentir le marron, n'est-ce pas ?".  "Non, chérie", répondit sa maman, "mais tu peux savoir que Dieu est toujours avec toi : c'est cela tenir Sa main en pensée. Ne penses-tu pas pouvoir faire cela ?".

Margy regarda un moment sa maman puis dit : "Oui, je crois que je peux. Je pense que Dieu tient ma main, maintenant, et je suis sûre que je réussirai ma composition d'Histoire, aujourd'hui".

Alors, Margy prit ses livres et partit pour l'école. Elle s'arrêta sur le seuil de la porte et dit à sa mère : "Je suis contente maintenant que tu as jeté mon marron, mais je suis contente aussi de l'avoir trouvé, car autrement, j'aurais peut-être attendu longtemps avant d'apprendre que Dieu tient ma main".